3 Psychopathes

Dans une petite ville, près d’une forêt, trois maniaques tuent et violent quiconque se retrouvent sur leur chemin.
Tout premier long-métrage est une entreprise délicate, et en concrétiser un en pleine adolescence l’est encore plus. Enfilant la défroque de metteur en scène à l’âge de 15 ans, Jean-Clément Gunter s’aventure dans un univers aussi singulier qu’inattendu : ses référence touchant un genre dont l’accès lui est interdit puisque non autorisé au moins de 16 ans. En langage simple, il accomplit un pied de nez à nos amis les censeurs puisque ce jeune réalisateur n’aurait pas du avoir connaissance de ces œuvres lors de son premier tour de manivelle.
Dans 3 PSYCHOPATHES, nous assistons à un exorcisme pour Gunter, celui-ci rendant hommage aux métrages l’ayant fortement influencés. On parle non pas de plagiat mais bien d’hommage, puisque la démarche du cinéaste est de synthétiser ces films autour d’une même thématique, et non simplement de copier-coller des œuvres éparses et hétéroclites. Ici, Clément s’intéresse au « survival » mâtiné de slasher des seventies, soit le genre qui a marqué l’Amérique lors de cette période, et dont les fleurons demeurent DELIVRANCE, LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE et MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE. Dès lors, on constate une élaboration de son récit lui permettant de structurer les réminiscences aux œuvres sus-citées. Partant d’une introduction basique (renvoyant aux premiers VENDREDI 13 avec ses tueurs masqués en forêt), il élargit la thématique de son œuvre pour citer celles de Wes Craven et Tobe Hopper en nous montrant ses maniaques violant et tuant ceux qui ont le malheur de croiser leur chemin.
Ainsi, à l’inverse des slashers, le film de Gunter ne s’enferme pas, malgré les apparences, dans une structure close et répétitive, d’où son élargissement vers le survival et le basculement de son métrage vers la folie. Conscient que son manque d’expérience ne lui permet pas d’approfondir des personnages (l’approximation des acteurs rendrait la vision du métrage des plus énervant dans le cas contraire), le jeune cinéaste se contente d’une focalisation externe qui lui permet d’explorer les possibilités du cadrage. En somme, privilégier l’image au détriment de la direction d’acteur. Un parti-pris qui s’avère ponctuellement payant lors de ces plans en contre-plongées sur les tueurs ou la torture de l’une de leur victime.
Il faut cependant reconnaître que 3 PSYCHOPATHES regorge toute de même d’énormément de maladresse : les apparitions des tueurs faîtes dans un montage cut, là où une entrée en amorce aurait été plus efficace ; des scènes qui s’éternisent inutilement (les poursuites en particulier ou celle où un couple s’enlace) et surtout, la photographie à la lumière du jour qui tue toute tentative d’iconisation des maniaques.
De ce fait, 3 PSYCHOPATHES reste une curiosité intéressante pour les amateurs de DECADENCE ou LA FORET DES DEMONS, tout autant qu’un DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE avec laquelle il partage beaucoup de similitudes.