5ive Girls

Et un film de genre en provenance d’Amérique du Nord, un. Mais pour changer, celui-ci vient du Canada et affiche en plus Ron Perlman à son générique, ce qui ne gâte rien, bien au contraire.
S’il s’agit de son second film, Warren P. Sonoda n’est pas pour autant un novice en matière de réalisation puisqu’il a réalisé plus d’une centaine de vidéo clips dans son pays d’origine ainsi que quelques épisodes de séries télévisées.
Véritable homme à tout faire, il occupe aussi, en dehors de nombreux postes techniques, la fonction de scénariste, comme ici sur 5IVE GIRLS.
Cinq jeunes filles aux passés turbulents sont envoyées par leurs familles respectives dans un collège catholique on ne peut plus stricte, tenu par la terrible Miss Pearce. Seules pensionnaires de cette étrange institution, elles se découvrent chacune des pouvoirs uniques. Et si elles n’avaient pas atterrit dans ces murs par hasard ? Et si un terrible secret leur était caché ? Et si un démon millénaire hantait les lieux ? Et de Miss Pearce ou du père Drake, qui est son complice ?
Plongeant d’emblée le spectateur dans une ambiance gothique et étrange, le réalisateur parvient à attirer l’attention par une séquence pré générique très forte. Tendue et stressante, montée avec un vrai sens du suspens, ces quelques minutes augurent du meilleur, d’une bonne série B fleurant un certain déjà vu mais diablement efficace. Malheureusement, la suite fait petit à petit déchanter.
Si la maîtrise visuelle est indéniable, si les effets spéciaux sont réussis, difficile d’en dire autant d’une histoire qui tourne rapidement en rond. En effet, tenant et aboutissant sont très faciles à découvrir, ce qui annihile relativement vite tout suspens. De plus, le film repose sur les cinq personnages féminins principaux, mais les jeunes comédiennes ne s’avèrent malheureusement pas à la hauteur de la tache qui leur incombe.
Certes, face à l’immense (dans tous les sens du terme) Ron Perlman, la tache est ardue et d’ailleurs le comédien porte toutes les scènes dans lesquelles il apparaît.
Il est facile de jeter la pierre sur le casting, mais il est vrai qu’il n’a pas grand-chose à défendre tant les personnages sont caricaturaux, à l’instar de cette jeune femme violente, toujours vêtue d’un treillis et bien entendu…lesbienne.
Encore une fois, les stéréotypes se retrouvent lorsqu’elles découvrent leurs pouvoirs, de l’aveugle possédant des dons de voyance à la jeune femme renfermée qui peut commander les objets à distance, tout a déjà été vu et revu.
Mais si l’originalité à tout prix ne peut être un véritable critère de jugement de ce genre de films, il y a tout de même une limite, surtout quand l’ennui s’en mêle.
En effet, 5IVE GIRLS vire rapidement au film de couloir tant les déambulations des pensionnaires dans leur école vide semblent meubler un scénario beaucoup trop étiré. Lorsque arrive enfin le climax, les choses s’accélèrent et le film retrouve un rythme vif qui ne peut être qu’agréable.
L’affrontement final relève alors le niveau du film, le hissant au rang de série B vraiment sympa. 5IVE GIRLS se conclue sur un twist attendu mais plaisant parce qu’il s’inscrit dans les passages obligés de ce type de productions fantastiques. Dommage qu’il ai fallu attendre aussi longtemps pour prendre enfin du plaisir.