Ajin: Demi-Human

Japon - 2017 - Katsuyuki Motohiro
Interprètes : Mamoru Miyano, Takeru Satoh, Tetsuji Tamayama

À la suite d’un accident de la route, Kei Nagai, un étudiant en médecine, découvre qu’il est un Aijin, un être immortel. Immédiatement embarqué par le gouvernement japonais qui surveille de près les Aijin, il devient un cobaye subissant encore et encore des morts éprouvantes et douloureuses. En effet, le pouvoir des Aijin est de se régénérer après avoir été tué. Libéré par Santo et un autre Aijin, tous deux anciens cobayes comme lui, Nagai réalise assez vite que ses nouveaux camarades sont en réalité des terroristes qui souhaitent humilier le gouvernement japonais et ce peu importe le nombre de vies humaines qu’ils prendront en chemin. Pire, Santo se réjouit de tuer des êtres humains. Nagai décide alors de s’enfuir, loin du gouvernement, mais aussi de Santo.

Adaptation du manga du même nom AJIN : DEMI HUMAN de Gamon Sakurai, le film est une adaptation live réalisée par Katsuyuki Motohiro spécialisé dans les adaptations de manga en longs métrages. Le manga est ce qu’on pourrait appeler un hit ou un best-seller, avec plusieurs adaptations en animation. Ce film est la première adaptation live avec une nette intention d’aller se vendre sur le marché américain. Ceci en passe donc par des effets spéciaux en numérique, mais stylisés, un rythme effréné qui n’est pas sans rappeler les films de Hong Kong ou encore coréen, mais aussi des explosions à tout va et un héros sans faille qui face à l’adversité prendra une position courageuse et quasi sacrificielle.

Ainsi le héros qui est tout d’abord une victime puis, chassé, traqués, n’aura d’autre choix que d’accepter son statut de héros à sacrifier et d’épouser celui-ci pleinement n’est pas sans rappeler d’autres grandes figures de héros mythiques du cinéma hollywoodien comme Robocop dans le film éponyme de Paul Verhoeven ou encore John McClane dans la saga des DIE HARD. Ce point de ressemblance est d’autant plus fort que son ennemi aborde un visage d’abord amical, du libérateur, du rebelle sympathique, puis se transforme en radical, en terroriste qui menace Tokyo et ses habitants de libérer un gaz qui aurait été développé par des tests sur les Ajin et notamment Santo. L’opposition du héros face à un radical terroriste est quasiment un cliché du cinéma d’action américain (VOLTEFACE, MISSION IMPOSSIBLE 2, etc…).

Cependant AJIN : DEMI HUMAN conserve son ADN nippon. On la retrouve dans la folie même du concept du film, car puisqu’ils ont le pouvoir de se régénérer à chaque mort, ils passent leur temps à se suicider (quand on connaît le rapport très spécial des japonais au suicide cela fait sens), mais aussi à se découper en morceau. Et puis il y a aussi la mise en scène. La caméra voltige, s’envole dans les airs avec leurs « fantômes », créature qui sort d’eux faite d’ombre uniquement visible par les Ajin. Une mise en scène complètement folle durant les combats qu’on retrouve uniquement dans le cinéma asiatique. S’inspirant de ce qui s’est fait de mieux en Asie ces vingt dernières années, AJIN : DEMI HUMAN livre un film d’action ébouriffant au postulat complètement fou.

Ce qui est intelligent c’est la manière dont le film exploite complètement et entièrement le concept des Ajin. Chacune de leur capacité donne lieu à des rebondissements et à des bouleversements du récit, qui dynamise celui-ci. D’autant que, le spectateur les découvre en même temps que le héros. Ainsi, on ne s’ennuie pas à un seul moment. Véritable réussite on lui souhaite de connaître le succès espéré. 


- Article rédigé par : Sophie Schweitzer
- Ses films préférés : Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà


=> Pour prolonger votre lecture, nous vous proposons ce lien.