ANGEL 3: LE CHAPITRE FINAL

Tom DeSimone, spécialiste bien connu de l’exploitation, se charge de conclure la saga « Angel » avec ce troisième film pas vraiment convaincant. DeSimone a débuté sa carrière, généralement sous le pseudo de Lancer Brooks, par une longue série de pornos gay : une vingtaine de métrages tournés entre 1970 et 1980. Il propose également, en 1977, le délirant CHATTERBOX, remake du classique de la comédie porno française LE SEXE QUI PARLE. Début des années ’80, DeSimone entame sa reconversion dans la série B avec le plaisant slasher HELL NIGHT et les films de prisons de femmes QUARTIER DE FEMMES et LES ANGES DU MAL 2. Avant de se reconvertir à la télévision (« Freddy le cauchemar de vos nuits », « Swamp Thing », etc.) il signe ANGEL 3, son ultime réalisation qui, contrairement aux deux premiers volets, n’atteignit pas les grands écrans.

Molly (alias Angel) exerce en tant que photographe (ayant probablement oublié ses études de droit entamées dans l’épisode précédent) et, lors d’une exposition, prend une photo d’une femme qui se révèle sa maman, celle-là même qui l’a abandonné voici quatorze ans. Molly décide de la recontacter mais la pauvre femme, liée à un syndicat du crime, est tuée. Molly apprend également l’existence de sa demi-sœur, enlevée par des gangsters. Pour découvrir des renseignements sur ce sujet, Molly redevient Angel et retourne sur le trottoir.

Mitzi Kapture, âgée de 25 ans, est la nouvelle Angel, accédant à son premier rôle important après ses modestes débuts dans HOUSE 2 l’année précédente. L’ex (deux fois) Bond Girl Maud Adams (OCTOPUSSY et L’HOMME AU PISTOLET D’OR) est, elle aussi, de la partie dans le rôle secondaire d’une méchante. Malheureusement, ce qui faisait le sel et l’originalité de la saga dans ses deux premiers volets, à savoir le casting savoureux de seconds rôles truculents, répond ici aux abonnés absents. Toute la galerie (le cow boy dépressif, l’artiste lesbienne, etc.) a déserté cette ultime séquelle censée se dérouler une dizaine d’années après le deuxième opus. Cependant, Richard Roundtree effectue un petit tour de piste agréable, l’ancien SHAFT se montrant toujours professionnel et impeccable en dépit d’un temps de présence restreint et d’un rôle stéréotypé de lieutenant de police. 

Beaucoup moins mélo qu’ANGEL, moins rentre-dedans qu’ANGEL 2, ce troisième chapitre se rapproche, pour le meilleur (un côté exploitation plus prononcé et beaucoup de nudité gratuite) mais aussi pour le pire (photographie typique de son époque et style anonyme dans l’esprit des fameux « Hollywood Night ») des thrillers légèrement sexy qui pullulaient dans les vidéoclubs. ANGEL 3 : LE CHAPITRE FINAL manque donc de rythme, de nerf, d’action et de sleaze (tout cela ressemble à un magazine de charme timoré) pour maintenir l’intérêt. Les seuls passages un tant soit peu réussis et amusants étant ceux situés dans le milieu des productions pornos (Angel effectuant un détour par les studios pour son « enquête ») qui, vu le CV du réalisateur (et scénariste) Tom DeSimone possède une certaine véracité et en font des témoignages nostalgiques sur le X des eighties. Le reste se traine mollement et seules les quinze dernières minutes se montrent un peu plus nerveuses.

Bref, un dernier volet bien décevant qui, d’ailleurs, ne resta pas le « final » annoncé puisqu’un ultime ANGEL IV : UNDERCOVER sorti en 1994, réalisé par George Axmith… En réalité Richard Schenkman tourna un « Assault with a deadly weapon » au sujet d’une jeune femme se vengeant d’un meurtre commis dans le milieu heavy metal. Sauf que son producteur, rusé, rebaptisa la demoiselle Molly Stewart et que le film devint ANGEL IV : UNDERCOVER pour racoler des fans de la franchise.