Asfixia

USA - 2003 - Brian Avenet-Bradley
Titres alternatifs : Ghost of the Needle
Interprètes : Brian Avenet-Bradley, Cheri Christian, Greg Thompson, Leigh Hill

GHOST OF THE NEEDLE est un nouveau représentant de ces films indépendants qui fleurissent dans les bacs à dvd. Brian Avenet-Bradley occupe quasiment tous les postes, de celui de réalisateur à celui de monteur en passant par celui d’interprète principal !
Il incarne ici Jacob, un jeune photographe talentueux mais qui a un gros problème psychologique. Pour son agent, il photographie des paysages… En réalité, Jacob photographie les lieux où il a enlevée des jeunes femmes. Après avoir attiré ces dernières dans son studio, un immense sous-sol complètement vide, il leur injecte dans les veines un poison à l’aide d’une seringue. Puis, il les fait poser à sa guise avant de faire leurs portraits.
En effet, aussi incroyable que cela puisse paraître, Jacob n’en profite pas pour les photographier dans des positions équivoques et perverses ; non, il cadre simplement leur visage… On découvre donc très vite les limites du film avec son psychopathe digne d’un Walt Disney ! Bien qu’ironique, cette remarque traduit finalement très bien l’impression que dégage le film.
GHOST OF THE NEEDLE reste néanmoins un produit sérieux. Malgré un budget que l’on devine étriqué, une équipe technique réduite au minimum, Brian Avenet-Bradley nous livre un film solide. La réalisation ne fait jamais amateur et les interprètes sont très bons. Brian Avenet-Bradley est vraiment pétri de talents puisqu’il incarne également le personnage principal et nous livre un psychopathe différent de ceux que l’on a l’habitude de voir. Il apparaît comme une victime de ses pulsions et l’on pense parfois à l’interprétation de Florian Koerner von Gustorf dans SCHRAMM de Jörg Buttgereit face à ce personnage qui, visiblement, appel à l’aide.
A l’inverse, GHOST OF THE NEEDLE déçoit par le peu de risque pris par son auteur. Le film est terriblement superficiel. A l’image de ses acteurs qui, bien que bons, manquent singulièrement de charisme, GHOST OF THE NEEDLE s’écoule un peu trop comme un long fleuve tranquille… Pas de gore, pas de sexe, pas de perversion ni même de violence… Sans doute que Brian Avenet-Bradley désirait ne pas trop déshumaniser son protagoniste principal en le transformant en monstre (comme celui de SCHRAMM justement), mais un peu de tonus n’aurait pas nuit à l’ensemble. Tout comme la photographie, très naturelle, sans emphase, le film apparaît presque transparent. Il se déroule sans que l’on ne s’ennuie véritablement, mais sans non plus que l’on se passionne pour les personnages ou même l’histoire. Banale, c’est un peu l’impression que l’on ressent à la vision de GHOST OF THE NEEDLE et ce, malgré la description à la première personne d’un tueur en série, un parti pris plutôt rare.
On aurait aimé que Brian Avenet-Bradley nous livre un film plus percutant. A la place, nous avons un film d’horreur/thriller psychologique à la dimension de son époque : mou du genou.


- Article rédigé par : André Quintaine
- Ses films préférés : Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks