Bag of Bones

États-Unis - 2011 - Mick Garris
Interprètes : Pierce Brosnan, Melissa George, Annabeth Gish

Mike Noonan, écrivain, est au faîte de sa gloire quand il perd sa femme dans un accident. Dévasté, il peine à écrire et s’enfonce dans le désespoir. Quand il apprend qu’elle lui avait caché sa grossesse, il décide d’enquêter pour savoir si elle n’avait pas d’autres secrets et se retire dans la maison où elle passait son temps quand il était en pleine frénésie d’écriture. Entre des manifestations étranges, un voisin peu accueillant et une petite fille sans père, il n’est pas au bout de ses surprises.

Il existe de très nombreuses adaptations des œuvres de Stephen King. On peut bien sûr citer SHINING (1980) de Stanley Kubrick, avec un terrifiant Jack Nicholson, ou CARRIE AU BAL DU DIABLE (1976) de Brian de Palma, parmi les plus connues.
Mais la longueur des écrits de King – dont les fans ne se plaignent pas, mais qui est le cauchemar des scénaristes – fait que beaucoup de ces adaptations ont dû se contenter du petit écran et du format mini-série : LES TOMMYKNOCKERS (1993), LES VAMPIRES DE SALEM (1980) et bien sûr ÇA (1990) qui terrorise encore les plus jeunes avec son clown maléfique lors de ses multiples rediffusions sur la « petite chaîne qui monte ».
Il faut noter également la série un peu plus longue de six fois une heure qui adapte ce qui reste à ce jour le bestseller de l’auteur : LE FLÉAU (1994). Cette mini-série marquait la seconde collaboration entre King et Mick Garris, après LA NUIT DÉCHIRÉE (1992) sur un scénario original de l’écrivain. Partageant de nombreux points communs, Garris et King se sont vite entendus et ont poursuivi leur travail à la TV, ajoutant une nouvelle version de SHINING (1997), RIDING THE BULLET (2006), DÉSOLATION (2007), et enfin BAG OF BONES, présenté cette année au BIFFF, à la longue liste des adaptations de Stephen King.

Mick Garris – qui était également au Brussels International Fantastic Film Festival en tant que président du jury de la compétition Internationale – n’est pas un ignorant en matière de films d’horreur, puisqu’il est à l’origine de la fantastique série des MASTERS OF HORROR (2005-2007) qui réunit certains des plus grands noms du genre pour de courts films inédits. Il a lui-même réalisé deux des épisodes de cette série.
Pourtant, dans BAG OF BONES, cela le dessert totalement.
Comme dans beaucoup d’histoires de Stephen King, derrière l’aspect horrifique se cache un drame familial et/ou social. Dans BoB, ce thème est même central, bien qu’une atmosphère étrange baigne les personnages tout au long du film. Et pour parvenir à instiller la peur chez le spectateur, il a malheureusement recours à de terribles effets cheap. Dommage.
Mais en ce qui concerne la mise en image du drame de cet homme brisé par le deuil, sans faire preuve de génie, Mick Garris propose une vision simple et efficace. Pas d’effet sensationnel, la réalisation est sobre et laisse la part belle au jeu des acteurs pour nous faire vivre cette histoire. Il ne nous a pas été possible toutefois de voir le film dans les meilleures conditions puisque la copie envoyée au BIFFF était en 4/3 recadré et réduisait donc de beaucoup l’image.

Si Pierce Brosnan n’est pas le plus crédible dans son rôle – du fait de son flegme légendaire, qui lui permirent d’interpréter les personnages de Remington Steele puis de James Bond, les émotions passent mal sur son visage qui a par ailleurs pris un sacré coup de vieux – le reste du cast est impeccable. En particulier la jeune Caitlin Carmichael, dont le rire comme les larmes vous toucheront forcément. Matt Frewer, habitué des films de Mick Garris – il était déjà dans RIDING THE BULLET et DÉSOLATION, ainsi que dans l’épisode Chocolat des MASTERS OF HORROR réalisé par Garris lui-même – interprète quant à lui le frère homosexuel de Noolan. Les personnages féminins principaux sont efficacement campés par Anabeth Gish et Melissa George. Le format télévisuel le réclamant, la réalisation disparaît derrière l’interprétation des acteurs, il fallait donc qu’ils soient impeccables. C’est majoritairement le cas.

On regrettera cependant qu’un thème très important du livre, à savoir la relation entre passé et présent, et par là même le personnage de chanteuse noire Sara Tidwell, devienne finalement secondaire, alors que c’est ce lien qui créait le malaise. Vite expédiée dans la dernière demi-heure du film, l’énigme principale est résolue… alors qu’on ne savait même pas qu’il y avait une énigme ! La cohérence du scénario n’est pas toujours de mise.

Ce n’est pas un grand film, ce n’est pas non plus la meilleure adaptation d’un livre de Stephen King, mais Mick Garris, de par sa passion, est honnête dans ce qu’il propose et délivre une œuvre conventionnelle mais plaisante.

Retrouvez nos chroniques du BIFFF 2012.

Retrouvez notre interview de Mick Garris.


- Article rédigé par : Claire Annovazzi
- Ses films préférés : Une Balle dans la Tête, Fight Club, La Grande Bouffe, Evil Dead, Mon Voisin Totoro


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