BIFFF 2012 : le meilleur et le pire du festival

- 2012
Titres alternatifs : The awakening, Invasion of Alien Bikini, Zombie 108, The sorcerer and the White snake, Zombie Ass: toilet of the dead, Tormented, Shuffle , Killer Joe, The Whistleblower, Himizu, un jour de chance, as

On l’a dit [lire notre news sur le palmarès], le trentième Brussels International Fantastic Film Festival (BIFFF) s’est terminé ce 17 avril 2012 et a livré son palmarès.

Le meilleur…

Pour avoir vu la quasi-totalité de la riche programmation du festival, nous confirmerons la justesse globale des choix du jury. On peut certes toujours discuter des délibérations d’un jury – pour notre part, THE AWAKENING, sans complètement démériter, manque un peu d’envergure pour mériter le Corbeau d’Or -, mais force est de reconnaitre que les jurés ont souvent su trouver les œuvres les plus fortes ou les plus intéressantes.

On regrettera un peu les deux grands oubliés des distinctions de cette édition :
-d’une part, le très drôle et parfaitement maitrisé GAME OF WEREWOLVES (LOBOS DE ARGA, Juan Martínez Moreno). Sans IRON SKY, gageons qu’il aurait glané le prix du public.
-Et d’autre part, LA CHISPA DE LA VIDA (AS LUCK WOULD HAVE IT), qui repart lui aussi bredouille. Certes, Alex de la Iglesia n’a plus besoin de ce prix. Reste que son UN JOUR DE CHANCE fait partie du meilleur de cette cuvée 2012 et se hisse dans le haut de la filmographie du réalisateur espagnol.

Donc, si vous cherchez des œuvres fortes, à même de délivrer un message mais qui prennent bien soin d’offrir dans le même temps un divertissement de qualité, optez sans hésiter pour HIMIZU (Sono Sion) et LA CHISPA DE LA VIDA. Plus convenu, THE WHISTLEBLOWER est cependant tout autant recommandable et a remporté le prix du thriller.

Vos goûts vous portent vers la comédie pure, alors suivez les lycanthropes de LOBOS DE ARGA ou les nazis de IRON SKY.

Si vous préférez que les saillies comiques émaillent un propos dramatique, KILLER JOE de William Friedkin se révèle le maitre-achat.

Enfin le passionné de structures scénaristiques fouillées trouvera son bonheur avec SHUFFLE … tandis que celui qui guette de nouvelles voies pour l’horreur s’attardera sur le TORMENTED de Takashi Shimizu.

Enfin, amateur de l’improbable, ZOMBIE ASS: TOILET OF THE DEAD t’est destiné

… et le pire

Un lecteur averti en vaut deux, citons également, mais sans trop s’attarder, les films les moins réussis ou les ratages patents.
Donc, dans le grand melting pot de ceux qui piquent aux yeux, alourdis d’un scénario invraisemblable ou d’une réalisation bâclée, des tentatives ambitieuses qui s’écrasent, des pédants, des copier-coller, des auteurisants-qui-font-bailler et enfin des bassement commerciaux, on évitera:
– THE SORCERER AND THE WHITE SNAKE: autrefois auteur du remarquable HISTOIRE DE FANTOME CHINOIS, Ching Siu-Tung se noie dans des effets numériques d’une incroyable laideur
– ZOMBIE 108: Taïwan se lance dans le film de genre… et s’y vautre par la faute d’un scénario en roue libre et d’une direction inconsistante
– INVASION OF ALIEN BIKINI: n’ayant vu presque aucun alien et encore moins de bikini, on peut s’estimer floué
– KOTOKO: Shinya Tsukamoto a été quasi révélé par le BIFFF. Le festival a ensuite toujours suivi le réalisateur et l’a plusieurs fois primé : TETSUO II et VITAL ont chacun obtenu un Corbeau d’argent. Mais KOTOKO ne fait que répéter les thématiques récurrentes du réalisateur sous une forme bien trop plate. Le film le plus ennuyant du festival.
– ONE WAY TRIP… un slasher déjà vu 1000 fois, avec une 3D se limitant à nous balancer des objets à la figure. Un mauvais trip… One way to oblivion !
– PARANORMAL XPERIENCE 3D: un slasher déjà vu 1001 fois – la millième, c’était ONE WAY TRIP -, avec une 3D se limitant à nous balancer des objets à la figure. Ben oui, encore.
– LETTER TO ANGEL: du cinéma estonien tel que se l’imagine le spectateur lambda d’un blockbuster : bavard, désargenté, pompant
– HINDSIGHT : un gangster coréen veut apprendre à cuisiner. Même Masterchef vous passionnera plus.
– PANIC BUTTON : médaille d’or du portnawak scénaristique. Rien ne tient debout ici. Vous voulez absolument de la « Panic » ou du « Button », restez-en sagement à David Fincher qui vous offrait l’un et l’autre dans PANIC ROOM et L’ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON
– les productions Sushi Typhoon, ces séries Z japonaises qui repousseraient le Z à la 27e place de l’alphabet, divisent toujours, certains adorent, d’autres – et nous en sommes – les trouvent poussives. Dans la fournée du BIFFF 2012, on relevait un DEAD BALL qui ne dépare pas dans la production de ce label.

La 3D

Pour terminer, quelques mots sur la 3D qui faisait son entrée au BIFFF. Entrée justifiée, le cinéma de genre ayant toujours été le réceptacle privilégié de ce type de technologie. Reste à voir si les auteurs auront su en appréhender les enjeux.

Six films ont été présentés en 3D… pour un résultat contrasté :
-les médiocres ONE WAY TRIP et PARANORMAL XPERIENCE 3D se contentent de nous jeter tout ce qui passe à la face
-FLYING SWORD OF DRAGON GATE bénéficie de la maestra de Tsui Hark mais se montre bien trop exubérant
-THE SORCERER AND THE WHITE SNAKE pâtit d’une direction artistique catastrophique qui en gâche tout l’enjeu visuel
-… tout au contraire de DON QUIXOTE, bien servi par des effets numériques mieux dosés
-Mais du lot, c’est bel et bien le TORMENTED de Takashi Shimizu qui nous montre comment utiliser au mieux la 3D, ce qui lui aura d’ailleurs valu de récolter un Corbeau d’Argent.

La critique d’une partie des films programmés au BIFFF 2012 sera bientôt disponible.

Retrouvez nos chroniques du BIFFF 2012.

Dans cet autre article, retrouvez notre avis sur la programmation européenne du BIFFF 2012.

Dans cet autre article, retrouvez notre avis sur les programmations asiatiques et américaines du BIFFF 2012.


- Article rédigé par : Philippe Delvaux
- Ses films préférés : Marquis, C’est Arrivé Près De Chez Vous, Princesse Mononoke, Sacré Graal, Conan le Barbare