Black Sheep

Nouvelle Zélande - 2006 - Jonathan King
Interprètes : Nathan Meister, Danielle Mason, Peter Feeney

Avant-dernier jour du BIFFF 2007, une limousine noire fait son entrée devant les portes du palais. Deux gardes du corps sortent de la voiture, puis, à leur tour, les stars montrent le bout de leur nez. Surprise : on découvre deux moutons. Le ton est donné BLACK SHEEP débarque. Face à une salle comble, les moutons sont à l’aise et le réalisateur, Jonathan King, aussi. Après une rapide intervention du créateur, le film commence, les moutons vont s’asseoir et les premiers rires et applaudissements affluent.
Voici le premier film de ce jeune réalisateur néo-zélandais parrainé plus ou moins directement par Peter Jackson (LORD OF RINGS), via sa société Weta, spécialisée dans les effets spéciaux numériques et mécaniques.
BLACK SHEEP, à traduire plus ou moins par “mouton noir”, raconte l’histoire d’Henry, la trentaine, qui revient à la ferme familiale afin de récupérer la part qui lui revient sur le terrain et l’élevage. Son frère, lugubre personnage, est l’investigateur d’un laboratoire scientifique dont le but est de faire “joujou” avec des embryons de moutons. Au milieu de tout ça, un groupe, enfin deux personnes, écolos activistes, vont, lors d’un kidnapping loupé au laboratoire, déclencher une catastrophe… Qualifions là immédiatement d’irrésistiblement drôle. En effet, voulant s’emparer d’un échantillon, le plus maladroit des deux zigotos, renverse le bocal et libère la Bête. Une morsure et la transmission est instantanée. Non seulement le troupeau va soudainement passer d’herbivore à carnivore mais les humains mordus vont se transformer petit à petit en grosse et même énorme boule de laine. Il reste quand même des survivants dont Henry, qui manque de bol, et qui a une frousse terrible des moutons. Heureusement, une grand-mère pas commode et adepte du “cuisinons gore” ainsi qu’une jeune fille blonde écolo pourront l’aider à mener le combat.
Dans BLACK SHEEP, il est donc question de combat ou plutôt de lutte de survival dans un premier temps puisqu’il faut fuir les monstres à tout prix. Chaque lieu où se réfugient nos héros est un piège. Ce qui au final plaît car le spectateur n’attend qu’une chose : une attaque et cela importe peu de la part de qui. Tout est tellement cartoonesque, et donc exagéré, que les rires éclatent à l’instar des moutons qui éclatent les portes et se font éclater la tête à bout portant à coup de fusil. On rentre dans ce cercle vicieux jouissif et on attend qu’une seule chose : le prochain gag. Et les gags sont nombreux car chaque groupe de personnages en a son lot .On suit effectivement l’histoire des héros, des méchants, des moutons et des monstres mi-homme mi-mouton et le tout dans un capharnaüm géant Tout le monde en prend pour son grade et ça tombe bien car on ne désire pas prendre particulièrement parti. Juste rire du pseudo malheur des autres, ce qui avec cette comédie n’est absolument pas immoral et heureusement.
Au final, nous avons droit à une heure trente de rigolade et malgré quelques problèmes de rythme et d’un scénario assez simpliste, on en retient un film bien réalisé. Effectivement, les effets spéciaux mêlent habilement marionnettes et images de synthèse et le tout ne tombe jamais dans le ridicule. Par ailleurs, le film s’inscrit dans l’air du temps en tenant un discours écologique. Voilà ce qu’est BLACK SHEEP : un bon divertissement avec un peu de morale. On en attendrait presque un BLACK SHEEP 2. Au passage, pour les connaisseurs, le film de Jonathan King est une sorte de remake inavoué du terrible et terrifiant BRAIN DEAD de Peter Jackson, qui reprend l’idée de transmission d’un virus par un animal et dont les victimes humaines ressemblent à nos chers moutons noirs.


- Article rédigé par : Cédric Bourgeois