Blue Jean Cop

Il s’agit de la dernière semaine à l’aide judiciaire pour Roland Dalton. Ensuite, il deviendra avocat à Wall Street, travaillant pour son beau-père. Sa dernière affaire, cependant, l’implique énormément, quand il comprend que le petit dealer qu’il doit défendre, accusé d’avoir abattu un flic sous couverture, est innocent de ce crime particulier. Demandant de l’aide à un ami policier, dur à cuire et incorruptible, ils vont mettre à jour une grosse affaire de corruption.

Scénariste et réalisateur de ce BLUE JEAN COP, James Glickenhaus est un habitué des séries B des années 80, que Carlotta remet en avant avec sa ressortie en DVD et blu-ray de ces films qui ont bercés l’enfance de nombre de cinéphiles. Ainsi, James Glickenhaus a réalisé des œuvres comme LE RETOUR DU CHINOIS (avec Jackie Chan) ou encore THE EXTERMINATOR. Au casting de BLUE JEAN COP, nous retrouvons un certain nombre de visages connus du cinéma et des séries télévisées. En effet, le dealer dans une mauvaise situation est incarné par Richard Brooks qui deviendra reconnaissable avec son rôle de Paul Robinette dans la série « New-York Police District ». Jude Ciccolella oeuvrera lui aussi dans plusieurs séries télévisées, comme NCIS ou 24. Peter Weller, notre avocat qui ne recule devant rien, incarnait, un an avant BLUE JEAN COP, l’inoubliable héros de ROBOCOP et Sam Elliott, son compère flic, avec son visage très significatif, se retrouve dans la série « Justified », mais aussi dans l’immense TOMBSTONE.

Autant être clair immédiatement, BLUE JEAN COP est une excellente série B, magnifiquement ancrée dans les années 80 (que ce soit dans l’ambiance, les tenues ou encore la musique), et on ne peut que remercier Carlotta de son initiative qui consiste à ressortir tout un pan de cinéma qui a fait les beaux jours des vidéos-clubs, pour les éditer dans de belles copies.
Les personnages de BLUE JEAN COP sont certes un peu caricaturaux (il faut voir le flic dur à cuir, ami du héros, résidant dans un cinéma au sein d’un quartier louche), mais cela ne fait qu’accentuer le plaisir du film, ces archétypes aidant à plonger dans ce type de cinéma d’action. Ainsi, le héros ne recule bien entendu jamais, et les méchants (ici des flics corrompus) sont vraiment très très méchants. Les dialogues sont agréables, créant une ambiance sombre et violente, et les acteurs sont excellents.
Mais surtout, James Glickenhaus réussit à créer une ville tentaculaire, gangrenée par la corruption galopante avec brio, New-York devenant, sous sa caméra, un personnage à part entière. Et, sous ses dehors de série B, le réalisateur/scénariste déploie des thématiques intéressantes et toujours d’actualité (tout en grossissant bien-entendu le trait) sur les difficultés du travail de policier, les problèmes de corruption, et sur le fait de condamner un criminel pour un crime qu’il a commis et non se laisser aller aux amalgames.
Les séquences d’action y sont nombreuses, et sont tout bonnement superbes. Entre quelques courses-poursuites, de nombreuses fusillades, ou un des héros descendant d’un immeuble en sautant sur un lampadaire depuis une fenêtre (sans parler du morceau de bravoure final, délicieusement outrancier), le spectateur ne peut qu’être aux anges.
BLUE JEAN COP est un film passionnant, entre série B intéressante au scénario certes classique mais passionnant. Le rythme est parfait, et n’oublie pas une conclusion loin de tout happy-end mais restant logique, au vu de ce qui s’est produit auparavant. Il serait donc dommage de ne pas redécouvrir (ou découvrir) ce classique des années 80, qui revient dans une superbe copie.