Chainsaw Sally

Etats-Unis - 2004 - Jimmyo Burril
Interprètes : April Monique Burril, Mark Redfield, David R. Calhoun...

C’est fou ce qu’on peut trouver dans un garage. Parfois on y trouve même de quoi faire un film. Jimmyo Burril a dégotté quelques frusques à mettre à des acteurs, trouver des copains qui avaient des sous pour acheter du ketchup, emprunter la caméra de sa grand-mère, et s’est laissé aller, tournant son MASSACRE A LA TRONCONNEUSE à lui. A la fois hommage et parodie du film de Tobe Hooper, CHAINSAW SALLY se veut une farce sanguinolente, une comédie gore à regarder sans se poser de questions.
Le film de Burril conte quelques jours de la vie d’une petite bourgade américaine. Dans ce coin reculé, un promoteur véreux tente de racheter à un riche héritier une vieille maison afin d’y développer son business. Comme aide, il a une assistante très sexy, qui par tous les moyens doit faire plier l’héritier (quel vénard ce gars !). Le problème c’est que cette maison se trouve sur le terrain où vivent, dans une caravane, Sally, bibliothécaire, et son frère, tous deux orphelins depuis le meurtre de leurs parents des années plus tôt. Quand on sait que Sally à pour hobby de trucider tous ceux qu’elles ne trouvent pas à son goût… c’est la tronçonneuse qui va être contente !
Jouant avec les clichés inhérents au genre, le film réussit à surpasser le niveau de ces films fauchés fait entre copains. Bien que ne réussissant pas à nous laisser un souvenir forcément impérissable, il nous gratifie d’un moment plutôt sympathique en compagnie d’une Sally aussi allumé qu’elle peut être sexy. Là est d’ailleurs la grande qualité du film. La comédienne qui l’interprète, susnommé April Monique Burril (la femme du réalisateur), influe une énergie incroyable dans ce personnage improbable, bibliothécaire coincée le jour (comme celle visible dans certains films réservés aux adultes, toutefois) et tueuse psychopathe la nuit, si à l’aise et, reconnaissons-le, affriolante dans ces postures qu’on aimerait la croisé sur un chemin de campagne la nuit, les loups hurlant à la lune, la tronçonneuse vibrante…
Si, en général, le tournage en numérique peut laisser perplexe, qu’il est toujours plus agréable de se poser devant un film aux mouvements de caméras plus sages et à l’image plus léchée, Burril se sert de cette technologie bon marché comme d’un instrument supplémentaire à la création de son univers. Comme les personnages peuvent passer pour de parfaits clichés du genre, la caméra se met à leur niveau, frénétique quand il s’agît de suivre les « jeux » de Sally, plus sage quand elle nous conte le début d’une idylle possible entre notre héroïne et le dindon de la farce. Parce qu’il sait parfaitement qu’il ne filme pas le dernier chef d’œuvre, Burril abandonne toute ambition artistique manifeste et s’amuse à mettre en scène son jouet de fortune avec la plus grande fantaisie, rendant hommage à ses films de chevets comme un gamin revêtirait son costume de cow-boy après avoir vu un Western.
S’il ne peut être considéré comme un film aboutit (là était-il vraiment le but ?), CHAINSAW SALLY demeure une curiosité. Et comme toutes les curiosités elles n’intéressent que les curieux. La grande qualité d’un cinéphile parait-il.


- Article rédigé par : Frédéric Vernichon