Come to daddy

Nerval, un jeune homme mal dans sa peau, rend visite à son père qu’il n’a pas revu depuis une trentaine d’années. La maison de son père est perdue entre des bois et la mer, dans un coin paumé loin de tout. Nerval espère trouver des réponses à ses questions, pourquoi son père l’a abandonné quand il n’avait que 5 ans, mais son père est trop occupé à picoler pour avoir envie de répondre à la moindre de ses questions. En fait, son père ne semble guère l’apprécier. Ils ne semblent rien avoir en commun. Mais le séjour de Nerval devient carrément bizarre alors que l’atmosphère se tend. Non seulement son père lui semble hostile, mais carrément étrange comme s’il ne souhaitait pas vraiment sa présence ici.

Elijah Wood montre une nouvelle fois son talent pour dégotter de petites pépites et les mettre en valeur avec son jeu décalé et sa manière de jouer qui n’hésite pas à se mettre en danger. Dans COME TO DADDY il incarne un hipster qui se la joue, mais n’est en fait qu’un petit garçon perdu en attente de réponse et d’amour de son père. Mais Elijah Wood ne se contente pas de jouer dans le premier film de Ant Timpson, il a également produit le film. En tant que producteur, il a permis à des films tels que COOTIES d’exister. Et il y a toujours dans ses productions un savant mélange d’humour noir, de bizarrerie et d’horreur qui par définition en fait un abonné à l’Étrange Festival !

Face à lui se tient le très charismatique Stephen McHattie qui incarne ce père rock’n’roll, alcoolique et désabusé ne montrant qu’un attachement morbide à son fils. Dans COME TO DADDY, il est un homme mystérieux, fascinant et terriblement inquiétant qui semble vouloir se débarrasser d’un fils bien éloigné de lui-même, trop faible à ses yeux. Les répliques qu’il lance ne sont d’ailleurs pas piquées des hannetons, comme le reste du. Et ses grands yeux bleutés subjuguent autant qu’ils effrayent. Stephen McHattie qu’on a vu précédemment dans PONTYPOOL, THE FOUNTAIN ou encore WATCHMEN rejoint un casting des plus détonants.

Sans trop en révéler sur l’intrigue du film et ses innombrables nœuds, on peut néanmoins parler de son humour, déjanté certes, mais noir également, très noir par moment, flirtant avec le morbide. De sa thématique plus qu’évidente avec son titre de la relation souvent complexe entre un père et son fils, surtout quand ledit père n’a jamais essayé de voir son fils, et soudainement l’invite à passer chez lui, trente ans après l’avoir abandonné. Mais étrangement, leur décalage résonne avec la relation père / fils quelles que soient les circonstances, quand le fils devient un adulte, virgule souvent différent de son père et cherche malgré tout à distinguer chez son père des similitudes pour s’en rapprocher malgré le fossé grandissant.

Une relation traitée bien sûr à travers de multiples rebondissements, le film passant d’un genre et d’une ambiance à l’autre, selon les rebondissements qu’offre cette narration à tiroir. Ce qui provoque des changements de ton aussi perturbants que drôles.