Crocodile de la Mort, le

USA - 1977 - Tobe Hooper
Titres alternatifs : Eaten Alive
Interprètes : Neville Brand, Mel Ferrer, Carolyn Jones, Robert Englund

Tobe Hooper a réalisé LE CROCODILE DE LA MORT quelques années après son mythique MASSACRE A LA TRONCONNEUSE. Nous faisons la connaissance d’une espèce de Norman Bates, gérant, tout comme le héros de PSYCHOSE, d’un hôtel isolé. Il a néanmoins la chance de posséder un petit animal de compagnie : un alligator. Rapidement, nous nous rendons compte que son cher croco mange de tout et que son maître le nourrit avec ses clients.
LE CROCODILE DE LA MORT souffre de nombreux problèmes et le principal est qu’on ne peut s’empêcher de le comparer à son illustre prédécesseur. Cette envie est d’autant plus justifiée que Tobe Hooper cherche constamment à retrouver le souffle de MASSACRE.
Toutes les scènes de meurtres sont empreintes d’une folie effrayante. Même si elles sont évidemment réussies, elles ne marquent pas les mémoires autant que celles de MASSACRE. Elles sont trop prévisibles et ne vont pas assez loin dans la démesure. Ils leur manque un peu de… spontanéité.
Plus on avance dans le film et plus on a cette impression que LE CROCODILE est une sorte de sous-produit de MASSACRE. Le film en lui-même atteint ses objectifs grâce à une mise en scène efficace. L’image est crasseuse, les personnages troubles et plutôt antipathiques. La photographie est étrange avec une image très colorée. La « musique » consiste en des notes incohérentes renforçant une ambiance de folie pure. Ces points réussissent à apporter une ambiance unique et originale au CROCODILE. Bien ancré dans les années 70, ce film de psychopathe reste bizarre et, visuellement, ne ressemble pas franchement à quelque chose d’autre. Pourtant, cela ne veut pas dire pour autant qu’il fonctionne. En effet, c’est au niveau de son rythme et de son action, que le film pâtit le plus de sa comparaison avec MASSACRE. Il ne se passe rien de bien intéressant ni même d’original dans LE CROCODILE. Certes, l’idée de l’alligator comme compagnon est intéressante mais l’animal se contente d’apparitions furtives et uniquement là pour « finir » un personnage. On ne ressent jamais sa présence comme une véritable menace. Quant au gérant de l’hôtel, il ressemble trop à ses illustres prédécesseurs pour nous impressionner.


- Article rédigé par : André Quintaine
- Ses films préférés : Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks