Dark Souls

Une jeune femme se lance dans son jogging à travers bois. Celui-ci est interrompu par un homme étrange, portant un masque antibactérien, qui se jette sur elle, armé d’une perceuse. Elle tente de fuir, mais se fait rattraper, et tuer, l’homme lui perçant un trou dans la tête. Quand le policier chargé de l’enquête appelle le père de la victime pour lui faire part de l’atroce nouvelle, ce dernier est perplexe. En effet, sa fille vient de rentrer et est devant son ordinateur. Cependant, quand elle commence à vomir une substance noire, il comprend que quelque chose d’abominable vient de commencer.

DARK SOULS est le premier long-métrage de deux réalisateurs français, César Ducasse et Mathieu Peteul, qui en sont aussi les scénaristes. De manière surprenante, ils réalisent ici un film norvégien, qui arrive en France grâce à l’éditeur Le Chat qui fume, spécialisé dans le cinéma de genre, dénichant fréquemment des films rares.

Quand débute DARK SOULS, le spectateur pense être en terrain archi-connu. En effet, une jeune femme court dans les bois, elle est agressée par un psychopathe armé d’une perceuse. La séquence n’est pas très gore, mais assez dérangeante, et plutôt bien filmée. Ainsi il est facile de penser assister à un slasher classique mais potentiellement solide.
Pourtant, les réalisateurs et scénaristes, bien que brassant nombre de références connues, surprennent sans cesse, et laisse un spectateur perplexe ne sachant jamais où va le mener le métrage. En effet, quand la victime se relève, nous pensons à une possession, puis à une contagion type zombie. Est-ce un savant fou officiant derrière tout cela, dirigeant une étrange secte ? A cela s’ajoute une incroyable et passionnante histoire d’amour filial, avec ce père, devenu à moitié fou du fait de ce qu’est devenu sa fille, qui s’en occupe avec amour et attention, tout en enquêtant sur ce qui est arrivé, recherchant le mystérieux tueur. Il mettra à jour un étrange complot aux retombées déstabilisantes.
DARK SOULS n’est pas un film facile d’accès. Le scénario, sous ses dehors classiques du départ, est complexe, et les clés de sa compréhension ne se délivrent pas facilement. Il s’agit du genre de métrage qui mérite d’être revu pour dévoiler tous ses indices. De plus, le rythme, assez lent, englue le spectateur dans une étrange langueur, idéale pour se laisser porter par ce métrage aussi fascinant que compliqué. Et, quand la fin, brutale et étrange, saisit le spectateur, c’est perplexe qu’il se demande s’il a aimé ou pas ce film. Pourtant, alors que mûrit la réflexion, comment ne pas apprécier un métrage qui brasse si intelligemment des références si classiques pour bousculer le spectateur, et lui offrir un film différent, surprenant, qui le force à le revoir et à méditer dessus. DARK SOULS est un film à la réalisation passionnante. L’image est très belle, les décors excellemment bien exploitées, et le petit budget n’est jamais perceptible, les ambitions du film se trouvant dans son histoire. Ainsi, voici un métrage qui mérite grandement le détour, pour peu que l’on apprécie les histoires étranges et peu aisées d’accès.


- Article rédigé par : Yannik Vanesse