Dieu Pardonne, Moi Pas

Italie, Espagne - 1967 - Giuseppe Colizzi
Titres alternatifs : Dio perdona... io no !
Interprètes : Terence Hill, Bud Spencer, Frank Wolff

Un an après avoir descendu le bandit Sanantonio (Frank Wolff), Cat Stevens (Terence Hill) a de sérieuses raisons de se demander s’il est vraiment mort… Une attaque de train, soldée par un véritable masssacre, semble en effet porter sa signature.
C’est Giuseppe Colizzi qui a créé le tandem mondialement connu Terence Hill/Bud Spencer avec ce film. Il les reprendra dans la suite de sa trilogie, le beau 4 DE L’AVE MARIA et l’étonnant COLLINE DES BOTTES (qui se passe dans le monde du cirque !). Leurs personnages y font preuve d’un humour à la Sergio Leone (Hill calque d’ailleurs le jeu de Eastwood comme il copie Franco Nero dans DJANGO, PREPARE TON CERCUEIL) bien différent du gros comique développé par E.B Clucher dans les Trinita avec l’incroyable succès que l’on sait. Cependant, leurs rapports conflictuels mais teintés d’affection, et quelques bagarres à mains nues préparent déjà largement le terrain.
Leur duo fonctionne à merveille. Bud Spencer a tout d’une force de la nature très crédible et Terence Hill est un savant mélange d’ironie glacée, de classe et de beauté pure. Ses yeux bleus sont parmi les plus beaux d’un genre qui n’en fut pas avare. Seules les filles qui n’ont pu l’admirer alors peuvent aujourd’hui se pâmer devant Brad Pitt, qu’on se le dise !
Le méchant du film est incarné pa rl’excellent Frank Wolff. Inoubliable en shériff dans LE GRAND SILENCE, certains ne le retiennent malgré tout que pour sa participation à IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST, le prestige de Leone aidant. Wolff fut l’un des plus grands acteurs du western européen. Les plus gourmants peuvent aussi l’apprécier en gangster dans LA BETE DE LA CAVERNE HANTEE, un très sympathique film de Monte Hellman.
Techniquement, DIEU PARDONNE MOI PAS est impeccable : très beaux cadrages et photographie superbe (notamment pour certains intérieurs) ; il est même supérieur de ce point de vue à bien des films de l’époque. L’influence du Maître Leone a été merveilleusement digérée par Colizzi qui en est un disciple zélé.
A part une piètre musiquette de Carlo Rustichelli sous pseudo (il fera beaucoup mieux pour LES 4 DE L’AVE MARIA), le seul vrai défaut du film réside dans son rythme franchement défaillant pendant toute une première grosse moitié, soit l’enquête de Hill sur la mort supposée de Wolff. C’est mou, c’est long, il ne se passe rien et on voit peu Bud Spencer. Pourtant ça commence très fort : un train arrive en gare… avec tous ses passagers massacrés.
L’enquête achevée, nos compères enfin réunis dérobent une caisse d’or à Wolff et le film se met à bouger, à intéresser. Les rapports entre Hill et Spencer sont pleins de drôlerie. Ils sont torturés (Hill est tabassé pendu la tête en bas puis plongé dans l’eau d’un puits à maintes reprises ; Spencer est marqué au fer rouge !!! On n’est pas dans un Trinita, c’est sûr…). Enfin, Wolff revient sur le devant de la scène (dommage que son personnage soit trop bavard) et c’est décidément un bon méchant. Un vrai tueur !
Des scènes de qualité : ligoté à une croix, Spencer brise la poutre qui le retient et assomme son gardien avec ; c’est pas Jésus qui aurait fait ça ! Maciste, sûrement. On a aussi droit à un chouette duel flingue/couteau qui évoquera bien des choses aux fans de Sergio Sollima.
Le duel final Hill/Wolff est superbe, bourré de très gros plans. Hill blesse Wolff aux deux mains et celui-ci, rampant, use de ses dents pour arracher à temps la mêche qui va faire exploser un tas de dynamite ! hélas pour lui, il échoue et… boum !


- Article rédigé par : Patryck Ficini
- Ses films préférés : Django, Keoma, Goldfinger, Frayeurs, L’Au-delà