Equinox

USA - 1967 - Dennis Muren, Jack Woods
Interprètes : dward Connell, Barbara Hewitt, Frank Bonner, Robin Christopher, Jack Woods

Après avoir trouvé, lors d’un pique-nique, un livre aux pouvoirs mystérieux, quatre jeunes sont attaqués par des démons. Les deux garçons s’égarent dans une dimension parallèle, ce qui ne fait qu’aggraver les choses.
Filmé en 1967 par Dennis Muren avec quelques copains enthousiastes, tous fans de cinéma fantastique, THE EQUINOX… est fascinant à regarder, bien qu’il n’échappe pas à certains défauts. Les dialogues sont forcés, les faux raccords sont nom-breux et les quatre acteurs n’arrivent pas à cacher que THE EQUINOX… constitue leur premier film. Néanmoins, ceci peut également être dit à propos d’autres premiers films, même plus récents, comme THE EVIL DEAD et BAD TASTE. Tout comme ces films par contre, THE EQUINOX… est valorisé par l’énergie et l’enthousiasme de tous ceux qui ont participé à la production. Pour un film qui était certainement produit avec un budget minuscule, les effets spéciaux sont assez impressionnants et rappellent le grand maître Ray Harryhausen. Ceci n’est pas surprenant quand on sait que Dennis Muren, également le responsable des effets, travaillera après pour ILM. Il sera responsable, entre autres, des effets visuels du premier et troisième STAR WARS, de E.T., du deuxième INDIANA JONES, de TERMINATOR 2, de JURASSIC PARK et, plus récemment, de WAR OF THE WORLDS. L’un des très grands, donc.
L’histoire même de THE EQUINOX… est relativement vite racontée. Néanmoins, elle a certainement fait, dans sa version remontée, une assez grande impression sur un public jeune avide de films drive-in à l’époque. En effet, on ne serait sûrement pas surpris d’apprendre que THE EQUINOX… ait été une inspiration (non confirmée, par contre) pour un certain Sam Raimi, tant l’histoire de EVIL DEAD est similaire. De plus, la procession des morts dans THE EQUINOX… rappelle la marche des nains dans le PHANTASM (1979) d’un certain Don Coscarelli. Cependant, THE EQUINOX… n’est pas sans influence lui-même. Hormis Ray Harryhausen, certes l’inspiration la plus évidente, la séquence-titre au début n’est pas sans rappeler la fameuse séquence de la série télé THE TWILIGHT ZONE, certainement une source d’inspiration pour maints fans du genre fantastique d’ailleurs. Et puis le Livre des Morts figurant dans le film est assurément un hommage au Necronomicon de H.P. Lovecraft.
C’est une évidence avec un produit amateur filmé pour environ 6 500 $, THE EQUINOX… n’est sûrement pas parfait. On voit bien que le réalisateur Dennis Muren avait déjà à l’époque du talent, mais il faut attendre 1970 pour que Jack Woods s’approprie le film et le remonte avec de nouvelles scènes et de nouveaux dialogues moins figés. Il ajoute des scènes avec lui-même dans le rôle du diable, déguisé en gardien de parc. Il raccourcit certaines prises, parfait les raccords de vues. Certainement plus facile à regarder, EQUINOX version 1970 a gardé la majorité des effets spéciaux, de toute façon l’un des aspects les plus fascinants du film.
L’autre intérêt est certes de juxtaposer les deux versions pour se rendre compte combien certains changements dans le montage et la synchronisation peuvent améliorer un film. Néanmoins, même si la version de 1970 s’avère être le meilleur film, ni THE EQUINOX… A JOURNEY INTO THE SUPERNATURAL, ni EQUINOX ne sont des films parfaits. Bien que constituant des documents fascinants et étant des témoins de la naissance d’un des grands maîtres des effets spéciaux, tous deux restent des produits de leur temps.
Si, malgré leur amateurisme, certaines images retiennent encore aujourd’hui une force indéniable (celle du héros confronté à la figure noire géante par exemple affiche une qualité semblable à celle d’un tableau de Frazetta), un amateur du genre peut sans difficulté se confronter à cette œuvre et trouver un plaisir à déterrer les allusions et inspirations en même temps antérieures et postérieures. Un œuvre à recommander, donc.


- Article rédigé par : Tom Flener