Halloween Night

USA - 2006 - Mark Atkins
Interprètes : Derek Osdach, Rebekah Kochan, Scot Nery, Alicia Klein

Oyez, braves gens! The Asylum, la société de production dont l’opportunisme n’a d’égal que le talent de réaliser pour trois fois rien des séries B tout à fait recommandables, est de retour !
Alors que se profile à l’horizon le remake de HALLOWEEN signé Rob Zombie, voilà que nos petits amis s’y collent aussi et nous livrent, en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « gros bis », leur propre version du mythe.
Un soir d’halloween, Chris, 12 ans, est témoin de la mort de ses parents, brutalement assassinés par deux inconnus masqués qui ont fait irruption au domicile familial. En voulant s’enfuir par la chaufferie, il se brûle gravement le visage et le corps. Récupéré par la police alors qu’il est sous le choc, Chris est interné.
Dix ans plus tard, le soir d’halloween, deux infirmiers veulent lui faire peur avec leurs déguisements. Furieux, Chris les tue, s’échappe et regagne son ancienne maison qui accueille une fête pleine de convives déguisés…
Si dés le départ, le film invoque la structure du Carpenter, c’est pour mieux s’éloigner de l’histoire originale et afin de revenir à un bon vieux slasher des familles.
Loin d’être étouffé par son illustre aîné, HALLOWEEN NIGHT s’en démarque totalement, lui clignant de l’œil au passage par le biais des masques, blancs et sans expression, que portent les assassins des parents du futur tueur.
Série B au sens noble du terme, cette production The Asylum assure le minimum syndical au niveau technique et les comédiens s’en sortent haut la main. Le manque total d’originalité est absolument assumé et c’est à peine si la première séquence ne l’annonce pas noir sur blanc.
L’originalité n’est donc pas de mise mais l’efficacité, si.
Le film enchaîne les meurtres sanguinolents à vitesse grand V avec décapitation, éventrations et tripaille à l’air, tout en laissant le temps à l’histoire de se développer. Il trouve ainsi rapidement un rythme de croisière et s’efforce de livrer au spectateur ce qu’il est en droit de demander au genre avec la décontraction que seul un réel savoir-faire peut apporter.
Effets spéciaux réussis (réalisme cru des blessures, excellent maquillage du tueur), humour distillé par petites touches (et un running-gag sous forme de devinette qui fait vraiment mouche) et bien sûr érotisme gentiment hot (de la scène de bain à la scène d’amour hétéro en passant par de chaudes relations saphiques) constituent le triumvirat de tout B qui se respecte et c’est précisément ce qu’offre HALLOWEEN NIGHT.
Ni plus, ni moins.
Conscient de ne pas être une usine à chef-d’œuvre, The Asylum remplit encore une fois son cahier des charges de la manière la plus honorable qui soit.
Gageons que dans le futur, plutôt que de s’inspirer d’œuvres existantes, la firme développe des scénarii originaux car elle possède vraiment les moyens (limités) de ses ambitions qui sont de divertir l’amateur de série B d’horreur.
Bref, The Asylum est aux majors qui enchaînent les productions standardisées ce que le kebab du coin est au McDo : ce n’est pas toujours très propre, c’est parfois bien plus gras, ça tache mais dans le fond, ça excite bien plus les papilles !


- Article rédigé par : Nassim Ben Allal