Hansel et Gretel, Witch Hunters

USA - 2013 - Tommy Wirkola
Titres alternatifs : Hansel & Gretel : Chasseurs De Sorcières
Interprètes : Gemma Arterton, Jeremy Renner, Famke Jansen, Pihla Viitala, Peter Stormare, Zoe Bell...

Abandonnés par leurs parents alors qu’ils étaient encore enfants, Hansel et Gretel vouent leur vie à la chasse aux sorcières. Une de leurs traques les conduit à des révélations sur leurs origines.

Le fantastique à tendance steampunk continue de faire des émules. Après VAN HELSING de Stephen Sommers et LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES de Stephen Norrington, c’est au tour de Tommy Wirkola de s’y essayer avec HANSEL ET GRETEL : WITCH HUNTERS (ou CHASSEURS DE SORCIÈRES mais en VO ça claque mieux). Cette fois, après les mythes fondateurs du fantastique (Dracula, le monstre de Frankenstein et le loup-garou) et ceux de la littérature anglaise et européenne, c’est au tour de deux personnages d’un conte de fées populaire de s’y coller.
Visuellement, le film de Wirkola se veut même plus proche de Sommers que de Norrington. Avec leur manteau en cuir et tous leurs gadgets, Jeremy Renner (Hawkeye dans AVENGERS) et Gemma Atherton (PRINCE OF PERSIA) paraissent être les héritiers directs de l’ennemi juré du comte Dracula. À l’image cependant, car à l’écrit, leurs aventures se rapprochent plutôt de la LIGUE au niveau des ambitions : leur long-métrage se présente comme une suite au conte de fées, expédié durant le générique.
Nous retrouvons donc Hansel et Gretel adultes, marqués à vie (Hansel est devenu diabétique) par une sorcière. Maintenant bien équipés, ce sont de vrais chasseurs de primes à l’affût de la moindre créature maléfique usant de magie noire. Pour ce faire, Wirkola use de l’imagerie steampunk pour transformer ces anciennes victimes en mercenaires. Le steampunk, pour les novices, est un sous-genre au croisement du fantastique et de la science-fiction. Cela consiste à situer une histoire dans une époque révolue en y incluant des concepts scientifiques avant-gardistes lors de cette même époque. L’exemple le plus parlant est le sous-marin Nautilus de 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne : alors que le récit se déroule à l’époque victorienne, le sous-marin fait clairement référence à l’ère contemporain, l’intérêt de la démarche étant d’imaginer comment les chercheurs auraient pu concevoir de telles inventions avec les contraintes de leur temps.
De ce fait, si la seule relecture d’un conte de fées populaire sous l’angle steampunk a de quoi être alléchante, le réalisateur en fonction ici est Tommy Wirkola. Ce dernier s’est déjà fait remarquer avec son précédent film, DEAD SNOW, une comédie horrifique norvégienne où des montagnards se font attaquer par des zombies nazis. Autant vous dire qu’avec un tel metteur en scène, HANSEL ET GRETEL était particulièrement attendu au tournant, mais avouons que ce nouvel opus se révèle aussi surprenant sur certains points qu’il est décevant sur d’autres. Du côté du positif, Wirkola parvient à enchaîner les scènes d’action efficaces même si on peut regretter qu’il s’aligne sur la tendance à sur-découper son montage. Elles restent cependant trépidantes, nanties de petites doses de gore. En revanche, tout le versant mystique passe à la trappe. Son long-métrage est loin de l’ampleur d’un VAN HELSING et, si nous voyons une réunion de sorcières, nous n’en saurons pas plus sur leur société ou leur organisation. L’ambiance se cantonne à une comédie d’action aux accents fantastiques, sans développer plus que ça l’imagerie de son postulat.
De cette manière, HANSEL ET GRETEL se contente d’être une série B calibrée pour un samedi soir. En cela, l’objectif est atteint même si on discerne quelques couacs : Jeremy Renner commence à être blasé (c’est quand même le 4e film d’action qu’il enquille, après MISSION : IMPOSSIBLE 4, THE AVENGERS et JASON BOURNE : L’HÉRITAGE) et Gemma Atherton a du mal à convaincre. On pourrait dire que leur duo souffre d’un manque d’alchimie, mais on concèdera que la relation qu’ils ont à jouer n’est pas évidente : ils interprètent un frère et une sœur traumatisés, leur rapport oscille sans arrêt entre l’affection et la distance. Le film de Wirkola est donc fun, mais avec des faiblesses. Sa mise en scène est solide, mais on aurait aimé un peu plus d’inventivité. La faute en revient à un scénario pas toujours à la hauteur de ses intentions, mais la promesse d’un divertissement calibré est tenue.


- Article rédigé par : André Cote
- Ses films préférés : Dark City, Le Sixième Sens, Le Crime Farpait, Spider-Man 3, Ed Wood


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