Hercule contre Rome

Réalisé à la fin de l’âge d’or du péplum Italien, HERCULE CONTRE ROME est un de ses nombreux longs-métrages où n’intervient pas réellement le personnage d’Hercule. En effet, notre pseudo Hercule (rebaptisé Samson dans la version française comme en témoigne le titre alternatif de « Samson contre tous ») est ici un simple forgeron certes plus fort que la moyenne mais loin de pouvoir rivaliser avec les prouesses du demi-dieu. Le scénario se permet toutefois de signaler qu’il s’agit d’une « réincarnation » d’Hercule : tous les 100 ans né un enfant qui possède les qualités de force, de bravoure et de gentillesse du fils de Zeus. Un tour de passe-passe de plus dans le péplum italien qui en a proposé bien d’autres et des plus saugrenus. Admettons donc l’idée et suivons les aventures de ce nouvel Hercule occupé, une fois de plus, à combattre un usurpateur voulant devenir César à la place de César. Un de plus ! L’intrigue embraye donc sur tous les clichés du genre et navigue gentiment sur les eaux du conflit politique avec ces méchants prétoriens dont le chef veut destituer l’empereur et, accessoirement, épouser la demoiselle en détresse qu’Hercule devra sauver. Le schéma immuable de nombreux péplums italiens, ensuite repris avec un égal (hum !) bonheur vingt ans plus tard par les sous-CONAN de la Péninsule.
Hercule tente ainsi de sauver l’empereur Gordien d’une mutinerie menée par Filippo Afro, chef des prétoriens. Il se rend donc à Ravenne, provisoire capitale de l’empire romain, mais l’empereur a déjà été assassiné, remplacé par Afro qui envisage en outre de faire épouser la fille du défunt, Ulpia, par son fils Rezio afin d’assurer sa légitimité. Hercule rétablira l’ordre et le bon droit…
Successeur de Steve Reeves et autre Mark Forrest, Alan Steel, alias Sergio Ciani, campe le musculeux héros qui bastonne quelques méchants soldats romains et s’exerce même au lancer d’enclume, façon Astérix. Durant toute la première moitié des sixties, Steel a promené ses imposants biceps dans le petit monde du péplum italien, jouant, au choix, Hercule, Goliath, Samson, Ursus ou Maciste sans que cela change fondamentalement la donne (d’ailleurs les personnages étaient à ce point interchangeables que, selon les pays ou les doublages, ils changeaient de patronymes sans modifier en rien les intrigues proposées). A la mort du péplum, Steel se reconvertit modestement dans les genres alors en vogue comme le giallo (A COMME ASSASSIN), le western (LE RESCAPE DE LA VALLE DE LA MORT), l’érotisme (BABY LOVE) et même un improbable ROBIN, FLECHE ET KARATE où il campe un Robin des Bois aidé dans son combat par un expert en arts martiaux ! Parmi les autres comédiens de ce HERCULE CONTRE ROME on repère les familiers du bis comme Daniele Vargas (UNE CORDE UN COLT), Wandisa Guida (CRIME AU CIMETIERE ETRUSQUE, MACISTE DANS LES MINES DU ROI SALOMON) ou encore Carlo Tamberlani (SARTANA, SABATA).
De son côté, Piero Pierotti, réalisateur oublié (une quinzaine de films durant les sixties dont la moitié de péplums ou « d’historiques ») emballe tout sans grande folie et avec un souci de réalisme un peu rédhibitoire : pas de grandes scènes d’action, pas d’exploits surnaturels de notre héros, pas de temple qui s’écroule sous la poussée de ses bras musclés,…On reste dans le péplum classique, traditionnel et, finalement, sans les côtés les plus divertissants et outranciers du cinéma populaire italien.
Au final, HERCULE CONTRE ROME remplit cependant son contrat et parvient à décrocher la moyenne pour les nostalgiques du péplum. Mais, avouons-le, le genre à produit de bien plus plaisantes réussites.