Hideaways

France, Irelande - 2011 - Agnes Merlet
Interprètes : Rachel Hurd-Wood, Thomas Sangster, Harry Treadaway

Dans la famille Furlong, l’aîné de chaque génération reçoit un pouvoir extraordinaire, qui se déclenche de manière incontrôlable dans certaines circonstances. Dans la famille, cette particularité est considérée comme une malédiction, tant cela a apporté du malheur chez les Furlong. Cette chose, chez James, le dernier-né, tue toute créature alentour s’il ressent une grande souffrance, qu’elle soit physique ou mentale. James, après avoir involontairement causé de nombreux morts dans l’orphelinat où il avait été placé, n’a d’autre choix que de fuir dans les bois pour éviter tout contact avec ses semblables. Mais un jour, une jeune demoiselle, souffrant d’un mal incurable, va croiser sa route.
Agnès Merlet, avant ce HIDEAWAYS, avait réalisé DOROTHY. Il s’agissait d’un film intéressant et intelligent, posant une ambiance sombre en parlant d’une petite communauté autarcique accusant une adolescente d’être possédée par le diable. DOROTHY, tout comme HIDEAWAYS, prouve que le réalisateur a à cœur de proposer un scénario et une ambiance des plus singuliers.
La base de l’histoire est, finalement, le postulat classique d’une histoire de super-héros. Les comics books et les films qui les adaptent regorgent d’enfants ou de jeunes adolescents, se réveillant un jour avec un pouvoir qui les rend différents et dangereux, tant qu’ils ne l’ont pas maîtrisé. Bien sûr, dans ces histoires, ils finissent par contrôler ce pouvoir (que ce soit seuls ou en rencontrant un mentor, tel Charles Xavier des X-MEN) et s’en servent pour faire le bien ou le mal.
Agnès Merlet, elle, ne veut certainement pas nous raconter une histoire de ce genre, mais plutôt un conte. Bien évidemment, ce film n’a absolument rien à voir avec une production Disney, et est par moment sombre et très triste. A d’autres instants, c’est la douceur et la poésie qui saisissent le spectateur et le font rêver et vibrer au rythme de cette belle histoire tragique. La fin du film provoque d’ailleurs une bouffée d’espoir et d’optimisme et toute personne un tant soit peu sensible ne pourra que sourire et se sentir plus légère, apaisée. Agnès Merlet offre, avec HIDEAWAYS, une formidable histoire d’amour tragique, d’une beauté tout simplement merveilleuse. Bien sûr, pour que le film nous touche, il faut d’abord de bons acteurs. Et le couple de héros est à ce titre d’une grande justesse, Harry Treadaway (qui incarne James) ayant été jusqu’à vivre dans les bois avec des trappeurs pour rendre plus crédible son personnage coupé du monde. Ils sont attendrissants à chaque instant, blessés et fragiles à leur manière et, si l’évolution de leur idylle est assez prévisible, elle n’en reste pas moins sublime. Les décors irlandais dans lesquels évoluent les personnages sont de toute beauté (la forêt où réside James est magnifique). Agnès Merlet utilise, pour montrer les manifestations du pouvoir de son héros tragique, des effets digitaux très bien intégrés au film. Ils sont mis en scène de manière à créer une atmosphère aussi poétique qu’effrayante, par exemple l’herbe et les plantes mourantes autour du héros comme si un poison s’écoulait de lui.
HIDEAWAYS est un très beau film qui touchera tout cœur sensible à la beauté et à l’amour, et qui a grandement mérité de recevoir ce Méliès d’argent.


- Article rédigé par : Yannik Vanesse