Ice Quake

Canada - 2010 - Paul Ziller
Interprètes : Brendan Fehr, Holly Elissa, Jodelle Ferland

L’action se situe en Alaska et Noël approche. Non loin d’un petit village se trouve une base militaire chargée de faire des études scientifiques. Le héros du film y travaille en tant que géologue en chef. Lui, sa femme et leurs deux enfants, décident d’aller dans la forêt couper un sapin, y emmenant par la même occasion le chien de la famille. Mais ils choisissent mal l’endroit de leur promenade car c’est en ce lieu que va apparaître la première d’une longue série de failles dans la glace. Ces chamboulements sont les prémisses de bouleversements sans précédent pouvant annihiler la race humaine. Notre héros va donc devoir survivre, protéger sa famille, retrouver son chien, sauver la planète et ramener un sapin à la maison, le tout en évitant de perdre son sourire ravageur.

Connaître un peu la filmographie de Paul Ziller, réalisateur de ce ICE QUAKE, est assez utile. Il a en effet été réalisateur pour des séries télé, comme Stargate Atlantys ou Highlander. Mais il a aussi conçu des films aux noms évocateurs, comme ANDROID APOCALYPSE, ou BA’AL, LA TEMPETE DE DIEU, ce dernier passant souvent sur la chaîne Syfy, spécialisée dans le surnaturel, la science-fiction, l’horreur…
ICE QUAKE s’inscrit ainsi dans la lignée de ces films calibrés pour les chaînes câblées, au budget assez mince et aux effets spéciaux aléatoires. Dans ce métrage, on peut voir Jodelle Ferland qui, échappée de SILENT HILL, est à présent venue hanter l’Alaska, incarnant la fille adolescente du héros. Dans la peau de ce dernier se trouve Brendan Fehr. Il est surtout un acteur de série puisqu’il a joué dans Les experts, dans Bones ou encore dans Millenium. Ceci dit, on peut le voir dans quelques films comme l’excellent X-MEN, LE COMMENCEMENT ou l’amusant LES VAMPIRES DU DESERT. Sa femme est jouée par Holly Elissa Lamaro, une ravissante actrice de 31 ans, assez peu crédible en mère de deux enfants, dont une adolescente de seize ans. Elle a pu être vue aux côtés de Steven Seagal dans KILL SWITCH, et dans un certain nombre de séries télévisées, comme Battlestar Gallactica, Stargate SG1 ou encore Atlantys.

Le film catastrophe est une catégorie de métrages que l’on peut voir depuis de nombreuses décennies sur tous les écrans, les situations dépeintes dépendant grandement des époques. Il y eut beaucoup de films d’avions risquant de s’écraser, de nombreux immeubles en flammes et quantité d’autres dangers plus ou moins naturels. Depuis quelques années, les catastrophes quittent le côté huis clos d’un lieu unique et ses quelques centaines de victimes potentielles au maximum pour atteindre une envergure mondiale. Parfois, le discours est teinté d’écologie, comme avec LE JOUR D’APRES. D’autres fois, il s’agit de l’apocalypse, comme avec le bien nommé 2012.
Ici, en choisissant de débuter en Alaska, le film offrait un certain potentiel et permettait d’espérer une originalité. De surcroît, l’environnement étant déjà en lui-même hautement dangereux pour n’importe quel spectateur peu ou prou citadin, il offrait de nombreuses pistes intéressantes pour piéger ses personnages.
La première chose qui frappe, dans ce film, ce sont les paysages d’Alaska. En effet, on s’en doute naturellement, mais ces paysages s’avèrent malgré tout absolument sublimes ! Ceci étant dit, une fois passée une introduction amusante et intrigante nous montrant deux géologues (dont un déguisé en Père Noël) se faire geler vifs par une faille étrange, le film nous apparaît pour ce qu’il est en réalité, un dtv catastrophe assez normé.
Les personnages n’échappent pas à certains canons, voire restent caricaturaux. Il y a donc le héros, beau, athlétique, intelligent, gentil, super doué, qui sauvera tout le monde et ramènera le sapin à temps. A ses côtés, sa femme, superbe et sexy, est surtout là pour le plaisir des yeux. Sa fille est l’adolescente presque typique, puisqu’elle n’est pas trop rebelle, histoire de rester dans un cadre lisse, édulcoré. Le benjamin de la famille est un aventurier en herbe, débrouillard, une sorte de castor junior. A cela s’ajoute le chef de la base proche de ses hommes et très sympa, l’autre scientifique, un peu gros et courageux, et, bien sûr, un scientifique fou que personne ne croyait et qui avait évidemment raison.
Tout cela n’est guère original, on progresse en terrain balisé.
Le scénario est parfois un peu étrange et n’hésite pas à foncer dans les incohérences. L’on voit par exemple notre famille, poursuivie par une faille particulièrement agressive, se réfugier dans une cabane. Et plus tard, ils sont attaqués par une avalanche et l’esquivent en courant à droite.
Avec de l’humour, ça peut être drôle. Et dans un tel contexte, il ne faut bien sûr pas s’attendre à un respect strict des données scientifiques. Néanmoins, ici, cela atteint un niveau de fantaisie assez surprenant. Par exemple, quand la base est agitée par un séisme (figuré par des tremblements de la caméra, des tables qui remuent et des objets qui tombent alors que les militaires sont accroupis par terre), le scientifique bedonnant s’écrie, sûr de lui, qu’il s’agit d’une secousse de magnitude 7,9 ! Tout ça sans instruments de mesure et en deux secondes montre en main, l’aficionado ressent alors une pointe de dépit.
Ainsi, tout ceci rend le spectateur assez sceptique, et il ne sera donc pas surpris en découvrant que, si le méthane se trouvant sous la montagne arrivait à l’air libre, il détruirait toute vie sur Terre !
Cependant, ce type de film, s’il possède de bons effets spéciaux, peut faire oublier les autres scories qui le parsèment. Hélas, ICE QUAKE est nanti du même genre d’effets digitaux que la plupart des films calibrés pour le prime time de Syfy, comme BA’AL, LA TEMPETE DE DIEU ou encore STONEHEDGE APOCALYPSE. Le résultat est assez laid, mal incrusté à l’écran et pour le puriste frise souvent le ridicule. Et quand les effets spéciaux ne sont pas digitaux, ce n’est guère plus travaillé, puisque la cabane détruite par l’avalanche est représentée, par exemple, par trois ou quatre planches jetées en vrac sur la neige.
Voici donc un film catastrophe qui n’atteint pas les ambitions qu’on aurait pu avoir pour lui, et c’est bien dommage. Rappelons qu’il s’agit d’un produit issu de la télévision, il ne s’adresse ainsi pas aux fans purs et durs de film catastrophe, son public est ailleurs.


- Article rédigé par : Yannik Vanesse


=> Pour prolonger votre lecture, nous vous proposons ce lien.