Inside

Etats-Unis - 2008 - Phedon Papamichael
Interprètes : Elizabeth Rice, Thomas Dekker, Laura Allen, Kelly Blatz.

Immense chef-opérateur ayant éclairé de nombreuses œuvres marquantes du septième art pour de grands réalisateurs (Wim Wenders et Oliver Stone, entre autres), Phedon Papamichael a commencé par réaliser pour la télévision américaine après son arrivée de sa Grèce natale avant de son consacrer à la lumière. En 2008, il revient à ses premiers amours en repassant derrière la caméra pour diriger un film, FROM WITHIN qui deviendra INSIDE en France.
Dans une paisible bourgade du middle-west américain peuplée de wasp très croyants, s’abat une terrible vague de suicides. Face à cette improbable montée en flèche, les habitants essayent de comprendre ce qui se passe avant qu’une jeune fille, Lindsey, ne se rende compte que chaque témoin d’un suicide se retrouve possédé par une force qui le pousse à son tour au suicide. Alors qu’elle essaye de trouver un moyen d’empêcher cet enchaînement fatal avec l’aide de Aiden, un ado en marge du village, le prédicateur local monte de son côté une milice particulièrement violente afin de « purifier » les âmes des citoyens. A Lindsey d’enrayer l’engrenage de la violence avant qu’il ne soit trop tard.
Pour son retour à la réalisation, Phedon Papamichael choisit un script alambiqué aux tenants et aboutissants par toujours très clairs et à la conclusion qui, sous couvert de twist astucieux, achève de plomber son sujet. Est-ce pour autant un ratage total ? Non, loin de là. En ancrant son récit dans un quotidien trouble, en apparence serein, le réalisateur réussit à crédibiliser une intrigue de possession et de sorcellerie ni novatrice ni réellement effrayante. Abordant sans en avoir l’air la problématique de l’intégrisme religieux chrétien propre à certaines régions des Etats-Unis, Phedon Papamichael et son scénariste Brad Keen (qui ne s’est jamais illustré par des joyaux du genre puisqu’il a signé les scenarii de THE GRAVENDENCERS et THE GRUDGE 3) apportent ainsi une crédibilité supplémentaire à cette histoire. Porté par de solides comédiens littéralement habités par leurs rôles, INSIDE pêche néanmoins par un scénario en demi-teinte, qui n’ose pas pousser la controverse jusqu’au bout et préfère jouer la dangereuse carte de la tiédeur, ouvrant ainsi la porte à une mauvais interprétation du propos. On peut évidemment préjuger que le spectateur est plus intelligent que ça et dès lors le film se regarde avec un réel plaisir, malgré des situations connues et la présence de seconds rôles parfois assez caricaturaux dans leur traitement.
Au final, INSIDE fait bonne impression grâce à une image soignée, un recours modéré aux procédés incontournables du moment (jump-cuts et jump-scares), une réalisation efficace et à quelques surprises bienvenues. A noter la présence au générique de Steven Culp en pasteur particulièrement virulent qui a ce talent de crédibiliser des personnages troubles avec un naturel impassible (il était le mari de Bree dans la série DESPERATE HOUSEWIVES) ; et de Rumer Willis (qui court, court lors d’une scène effrayante), fille de Bruce qui, ne jouissant pas encore du statut de ses parents, se suicide assez vite !


- Article rédigé par : Nassim Ben Allal