La route de Salina

France – Italie - 1970 - Georges Lautner
Titres alternatifs : The road to Salina, Quando il sole scotta
Interprètes : Mimsy Farmer, Robert Walker Jr, Ed Begley, Rita Hayworth

Jonas, jeune hippie sans le sou et sans gîte, trouve refuge dans une maison isolée dans un désert de saline. Il est hébergé par Mara qui croit reconnaître en lui son fils Rocky, parti quatre ans plus tôt. Jonas laisse Mara dans l’erreur, trop heureux de trouver un toit et à manger, mais très vite, il se rend compte que tout le monde veut voir en lui ce Rocky à qui il ressemble tant semble-t-il. Il sent comme un piège se refermer doucement autour de lui mais ne peut se résoudre à quitter cette maison, envouté par l’amour qu’il porte à sa « sœur » Billie

LA ROUTE DE SALINA tranche dans la filmographie de Georges Lautner, par son casting incluant une Rita Hayworth en fin de carrière, par les décors lunatiques de la saline, par l’ambiance de trou perdu qui n’est pas sans rappeler le travail qu’effectuera quelques années plus tard Serge Gainsbourg sur JE T’AIME, MOI NON PLUS (rappelons que Gainsbourg a croisé à cette époque la route de Lautner sur LE PACHA). La bande son, recyclée ces dernières années par Quentin Tarantino porte la signature de Christophe mais convoque aussi le célèbre « La bourrée » de Ian Anderson (Jethro Tull).

Mine de rien voilà un drame qui mêle inceste, folie, manipulation, meurtre… Sans qu’il soit jamais question de tueur, on est finalement assez proche de ce que le cinéma transalpin nous proposera dans un genre alors en plein essor, le giallo. L’enquête de Jonas-Rocky va lui faire découvrir de sombres secrets, sous le soleil de plomb de cette hacienda mexicaine.

Aux magnifiques yeux bleus de Marc Porel s’oppose la plastique parfaite de la superbe Mimsy Farmer que Lautner ne se prive heureusement pas de dénuder régulièrement. Mimsy Farmer qui sort alors de l’expérience MORE de Barbet Schroeder, lequel a permis une percée de la nudité dans le cinéma classique. Mimsy Farmer encore à l’aube de sa carrière laquelle va connaître deux décennies riches pour le cinéma de genre avant son retrait des écrans en 1991.

Hormis ses protagonistes, l’autre atout du film est sans conteste son décors : les vastes étendues de salines en bord de mer permettent de palier sans mal au casting limité à 4-5 protagonistes et à deux lieux (le village de Salina et la maison de Mara). Le désert mexicain, les routiers et villageois mexicain… ce background n’est pas sans évoquer l’autre genre italien alors en vogue, le western spaghetti.

Et pourtant, c’est bien sur les rives d’un drame que nous nous trouvons. Mais dont les contours formels dessinés par Lautner lui donnent un cachet unique qui ravira les amateurs de films cultes.

Adapté d’un roman de Maurice Curry, LA ROUTE DE SALINA ne fait pas partie des Lautner régulièrement diffusés en télévision et on ne lui connaît toujours pas, en 2010, d’édition dvd. Aussi est-il heureux que l’Etrange Festival 2010 l’ait remis en lumière lors d’un hommage à Mimsy Farmer. Il mérite une redécouverte et si l’occasion vous est donnée de la voir, ne la manquez pas.


- Article rédigé par : Philippe Delvaux
- Ses films préférés : Marquis, C’est Arrivé Près De Chez Vous, Princesse Mononoke, Sacré Graal, Conan le Barbare


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