La Terreur des Morts-Vivants

Angleterre - 1978 - Norman J. Warren
Titres alternatifs : Terror
Interprètes : John Nolan, Carolyn Courage, James Aubrey, Sarah Keller, Glynis Barber

De nos jours, les deux derniers descendants d’une famille issue de la haute noblesse anglaise subissent les affres d’une malédiction proférée deux siècles plus tôt par une sorcière.
Des lueurs dans la nuit, des villageois organisant une battue… Dans les bois, une femme est traquée. Dans sa fuite, elle marche dans un piège à loup. Maîtrisée, elle est conduite sans jugement jusqu’à un bûcher et condamnée à être brulée vive par le seigneur des lieux, un certain Garrick. Avant de périr dans les flammes, la sorcière (qui a reconnu être une adoratrice de Satan) a le temps de mettre le feu aux vêtements d’un paysan et de proférer la traditionnelle malédiction, celle affirmant que la sorcière reviendra d’entre les morts afin de se venger de ses bourreaux et de leur descendance. Effectivement, elle tient sa promesse, étranglant Lord Garrick et décapitant sa femme. Fin !
Oui, fin, car ce teaser correspond à la projection d’un film produit et réalisé par James Garrick, dernier descendant de la lignée avec sa cousine Ann. Cette projection se déroule en privé avec un cercle restreint d’invités, dans le manoir ancestral. On apprend que la malédiction n’est pas une légende, et repose sur des faits réels. Histoire de rester dans l’ambiance, une séance d’hypnose est organisée, mais le numéro (au départ truqué) ne se passe pas comme prévu, et Ann Garrick, devenue incontrôlable, s’empare d’une épée accrochée au mur (celle qui avait autrefois tranché la tête de Lady Garrick) et blesse son cousin James. Ceci constitue le premier d’une longue série d’événements inexpliqués qui vont frapper le proche entourage de James et Ann Garrick. Car la sorcière a semble-t-il ressurgi du néant pour tenir ses engagements, prête à frapper dans tous les lieux où les Garrick se trouvent. Comme le manoir familial, que James est obligé de louer à des réalisateurs de films érotiques afin de financer son propre film. Ou encore le bar où Ann travaille comme hôtesse, fréquenté par bon nombre d’ivrognes toujours prêts à se rincer l’œil à la vision d’un spectacle érotique vulgaire, et ne manquant pas une occasion de draguer Ann ou ses collègues de travail, de pauvres filles obligées de se compromettre dans des petits boulots sordides, avec comme seule échappatoire des auditions leur permettant de rêver qu’un jour elles trouveront le rôle de leur vie dans un film à succès. A moins que la sorcière n’en ait décidé autrement…
Le film de Norman J. Warren, auteur d’un honnête ESCLAVE DE SATAN deux ans plus tôt, risque de laisser perplexes bon nombre de fans de cinéma d’horreur. Déjà, son titre français est fort mal approprié, laissant entendre qu’il est question de zombies. Non, l’histoire est uniquement focalisée sur la malédiction d’une sorcière. Le metteur en scène n’est évidemment pas responsable du choix des distributeurs français de l’époque. Par contre, on peut lui reprocher d’avoir traité son sujet avec un peu de légèreté. En réduisant la descendance des Garrick à deux seuls individus, Warren s’est singulièrement mis des bâtons dans les roues, l’obligeant de ce fait à remplir le cahier des charges et la durée du métrage par des morts violentes impliquant des personnes n’ayant rien à voir avec la malédiction en question. Même si la notion de cohérence ne s’applique pas généralement au surnaturel, ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi. Alors certes, les scènes de meurtres sont dans l’ensemble réussies, voire originales. Elles sont de plus alternées avec quelques fausses pistes, dont une un peu trop longue où une collègue d’Ann, après être tombée en panne de voiture, trouve refuge dans une maison abandonnée. On voit dans ce genre de scènes la roublardise du réalisateur, cherchant à maquiller la faiblesse du scénario.
On retiendra toutefois quelques scènes réussies, notamment lorsque la sorcière utilise ses talents de psychokinésie. Le passage où l’associé de James est agressé dans son studio par la pellicule du film est en cela un bon exemple. La voiture (dans laquelle Ann s’est réfugiée) qui se met à léviter au-dessus des arbres, en plein orage, en est un autre. Au final, LA TERREUR DES MORTS-VIVANTS est un film très inégal, comportant quelques bons passages, mais restant dans l’ensemble assez faible. Un scénario bancal, des acteurs au jeu quelconque, un faible budget et une musique très médiocre en sont les principales raisons. A noter, parmi les seconds rôles, la présence de Glynis Barber, qui deviendra par la suite une vedette de la télévision, grâce à la série MISSION CASSE-COU. Norman J. Warren, lui, persistera dans le cinéma-bis, avec plus ou moins de réussite.


- Article rédigé par : Philippe Chouvel
- Ses films préférés : Femina Ridens, Les Démons, Danger Diabolik, L’Abominable Docteur Phibes, La Dame Rouge Tua 7 Fois