La Tombe

Italie - 2004 - Bruno Mattei
Titres alternatifs : The Tomb
Interprètes : Robert Madison, Kasia Zurakowska, Anna Marcello

Dans les temps anciens, un grand prêtre maya vénérant une déesse sanguinaire fut momifié de
manière horrible. Cette effroyable épreuve lui conféra la vie éternelle. De nos jours, un groupe
d’archéologues amateurs arrive au Mexique. Ils vont être manipulés par la sorcière locale dans le
but qu’ils libèrent le fameux prêtre et son armée de morts-vivants enfermés dans un étrange temple
en ruine.

Le générique annonce que le film est réalisé par David Hunt. Cependant, dissimulé derrière ce
pseudo délicieusement américain, se cache Bruno Mattei, un nom bien connu des amateurs de films
à part. Ce réalisateur est resté ancré dans les années 80, une période faste pour l’Italie. Son industrie
cinématographique se jetait alors sur le moindre succès mondial pour le copier joyeusement, la
plupart du temps sans le moindre argent, et souvent avec un talent tout particulier. Ainsi, Bruno
Mattei persista jusqu’à sa mort à bricoler amoureusement des films de prisons de femmes, de
zombis ou de cannibales, en utilisant des acteurs au rabais, des stock-shots à foison, des effets
spéciaux aléatoires et autres joyeusetés.

Ainsi, tout comme ZOMBIE THE BEGINNING était sa version d’ALIENS LE RETOUR, voici
la vision de Bruno Mattei de LA MOMIE. Néanmoins, étant donné que ce blockbuster n’était pas
suffisant à recycler, le réalisateur pilla aussi joyeusement UNE NUIT EN ENFER. Il y reprend en
effet la scène de l’arrivée de Satanico Pandemonium à la virgule près, musique, serpent, tequila,
et transformation en monstre à la même apparence à l’appui. Bien évidemment l’actrice n’ayant
pas franchement le talent de Salma Hayek, le résultat se traduit par une absence d’érotisme assez
impressionnante ! Et, comme cela ne suffisait pas, l’EXORCISTE est aussi gentiment massacré. La
scène d’exorcisme s’avère assez effroyable, à base d’épilepsie et de vomissures verdâtres, mimée par
une actrice tellement dépourvue de talent que cela en devient magnifique !

A présent que les « influences » du film sont établies, il est temps de s’intéresser à ce qui s’offre
aux yeux des spectateurs ébahis. Le métrage débute donc au temps des Mayas – des Mayas très
loin du réalisme d’un APOCALYPTO évidemment. C’est comme une marque de fabrique, on
touche ici le fond de la crédibilité. Et, au son d’une voix off démotivée au possible, on assiste à
la fameuse cérémonie amenant finalement le prêtre à se faire momifier vivant. Une momification
curieuse, puisqu’elle consiste à se faire arracher les yeux et noyer dans du sang, tout cela au son
d’une musique mal recopiée du Carmina Burana de CONAN, sans doute pour essayer de donner un
côté épique. En vain, cela va sans dire.

Comme précisé précédemment, le jeu des acteurs d’un film de Bruno Mattei est assez surprenant
d’incompétence. Cela dit, les Mayas n’atteignent pas le niveau des acteurs principaux,
particulièrement effroyables, guères aidés, il est vrai, par des dialogues d’une débilité confondante,
s’attelant à de nombreuses répétitions. Ainsi, un personnage dit : On dirait un couteau utilisé pour
les sacrifices. Ce à quoi un autre répond : oui, c’est un couteau utilisé pour les sacrifices. Et les
phrases de ce genre sont légion… Sans parler des dialogues philosophiques tels que : « Si l’habit
ne fait pas le moine, une goutte de tequila ne fait pas l’alcoolique ». Les héros arrivent donc pour
faire des fouilles dans un Mexique aussi crédible que les Mayas présentés auparavant. Ils vont
demander de l’aide à la sinistre guérisseuse démoniaque du village. Ils persisteront jusqu’à la fin à
ne pas comprendre qu’elle est maléfique malgré des signes évidents. Elle va les mener dans l’étrange
temple où réside le méchant mort-vivant et ils vont devoir affronter de nombreux pièges. Une
petite flaque de sables mouvants deviendra ainsi, après qu’une des jeunes femmes du groupe ne soit
tombée dedans, si immense qu’une branche d’arbre ne suffit pas pour la repêcher. Des mains et des
squelettes venant d’un autre film – sans doute EVIL DEAD 3 – jailliront du sol. Nos héros seront
attaqués par des stock-shots de chats, d’araignées, de rats, de scorpions et de milles pattes – ces
derniers semblant les plus horribles à la jeune femme y étant confrontée. Ils vont devoir lutter de
manière ridicule contre une démone et éviter la chute de rochers en carton. De surcroît, il convient
de souligner ce plan où tous nos héros sont visibles dans un véhicule tout terrain. Puis, après qu’ils

aient dû continuer à pied dans la jungle, les spectateurs découvrent deux porteurs. Des porteurs qui
disparaissent le plan suivant. Cela dit, ces serviteurs fantômes devaient être très utiles pour installer
l’immense camp de nos héros, avec des tentes d’une taille impressionnante !

Encore une fois, Bruno Mattei offre un très mauvais film, qui se laisse regarder avec un immense
plaisir tant il est dénué d’ennui, généreux en incohérences, en bizarreries en tous genres et en gore.
Un mauvais film magnifique, en somme…


- Article rédigé par : Yannik Vanesse


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