Le cirque des vampires

Angleterre - 1972 - Robert Young
Titres alternatifs : Vampire circus
Interprètes : John Moulder-Brown, Adrienne Cori, Thorley Walters....

Alors que la firme de la Hammer a déjà entamé son déclin, en 1972, Robert Young décide après quelque hésitation de réaliser LE CIRQUE DES VAMPIRES, dernier sursaut de cette célèbre maison de production, mais également grand film qui condense tout ce qu’elle a pu produire de bon dans le fantastique. Le temps des Christopher Lee et Peter Cushing est révolu, les films fantastiques prenant appuis sur le mythe des vampires, de Dracula ou des loups-garous n’ont plus vraiment de succès à force de surexploitation.

LE CIRQUE DES VAMPIRES va, pour attirer son public, incorporer l’univers baroque et monstrueux du cirque à celui des vampires, et ainsi offrir un spectacle original et déjanté qui s’avancera loin dans le Grand-Guignol, la violence et l’érotisme.

Le synopsis laisse pourtant paraître une intrigue éculée : un vampire, accompagné d’un groupe de forains, parcoure le pays au gré des spectacles avant que de se produire dans le village où, quinze ans auparavant, on a tué son cousin, accusé de vampirisme. C’est l’heure de la vengeance.

Si ce scénario paraît prévisible, le film va tirer son originalité de l’enchainement des différentes séquences qui le composent. Certaines d’entre elles dépeignent des actions si singulières qu’elles se déconnectent totalement de l’histoire principale. Ainsi de cette extraordinaire scène de danse de la femme-tigre, où le réalisateur ne peut s’empêcher de s’attarder sur le corps bien proportionné de son actrice, mais qui n’entretient que peu de rapport avec le reste. On relèvera aussi ces retournements de situation incessants qui font se diriger l’œuvre tantôt vers l’absurde, tantôt vers une forme de surréalisme ou de démesure exagérée.

L’intérêt du film ne repose dont pas sur ce qu’il raconte, La Hammer s’étant montrée sur ce point nettement plus inspirée dans ses œuvres antérieures, il suffit de penser aux Terence Fisher pour s’en convaincre.

LE CIRQUE DES VAMPIRES est avant tout un divertissement, et c’est sous ce signe qu’il faut comprendre tout ce qu’on pourrait lui reprocher : scénario peu développé, accumulation parfois grossière des effets, personnages fades, etc. A l’image du cirque, on pourrait presque avancer que la Hammer livre un dernier grand spectacle et qu’elle veut y mettre tout ce qu’elle peut. Cet angle intégré, il est alors amusant de noter par ci par là les allusions à d’autres films et aux thèmes de prédilection de la compagnie. L’introduction du cirque fait par exemple immanquablement penser au FREAKS de Tod Browning et à son cortège de monstres. Dans LE CIRQUE DES VAMPIRES les monstres sont vraiment méchants. Mais on y rampe de la même manière sous les roulottes. On s’y introduit et on y fait des expériences avant de se donner à voir dans des spectacles terrifiants et lascifs sous les yeux ébahis des villageois.

Pour l’anecdote, Robert Young tenait à faire tourner dans le film de vraies chauves-souris. LE CIRQUE DES VAMPIRES est par conséquent le seul film de la Hammer tourné avec ces bestioles, ce qui en a sans doute compliqué le tournage.

Au final, loin d’être un chef d’œuvre, LE CIRQUE DES VAMPIRES dégage un charme qui n’est pas négligeable. Film divertissant à plus d’un titre, bourré d’action et de péripéties, cet opus de Robert Young offre un mélange presque étouffant de ce qu’à pu produire la Hammer au rayon de l’épouvante gothique. Dépourvu de subtilité, il nous sert tout de même un plat réjouissant par son accumulation de scènes plus violentes et mouvementées les unes que les autres. Une curiosité à découvrir.


- Article rédigé par : Alexandre Thevenot


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