Le commando des morts-vivants, série B au potentiel inexploité

USA - 1977 - Ken Wiederhorn
Titres alternatifs : Shock Waves
Interprètes : Peter Cushing, Brooke Adams, Fred Buch, Jack Davidson, Luke Halpin, D.J. Sidney, Don Stout, John Carradine

Surestimé par certains, classé dans la catégorie nanars par d’autres, le Commando des Morts-vivants n’est, de toute évidence, ni l’un ni l’autre. Il s’agit plutôt d’une série B qui échoue à exploiter les innombrables atouts dont il a hérité, un peu comme un bébé qui, sur-boosté par des manipulations transgéniques, s’avérerait décevant en grandissant.

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Shock Waves (1977) Soundtrack - Richard Einhorn (Full Vinyl Rip)

Des vacanciers naufragés débarquent sur une petite île presque inhabitée. Seul un vieil homme d’origine allemande, a élu domicile sur l’île, plus précisément dans un vieux château délabré. L’endroit inquiète les héros, d’autant plus lorsqu’ils découvrent leur capitaine décédé. L’appréhension fait place à la peur quand des soldats nazis arborant d’inquiétantes lunettes d’aviateurs font leur apparition. Selon le vieil ermite, il s’agirait de soldats rescapés d’une unité de zombies nazis. La lutte pour la survie peut commencer.

Le Commando des morts-vivants n’est pas vraiment un film de zombies. Certes, les bidasses ont bien un look de morts-vivants mais ce sont plutôt des soldats dotés de pouvoirs surhumains, invincibles, capables de recouvrer leur force en se reposant dans l’eau salée. Mais, il est vrai qu’en 1977, la dégaine académique que devait adopter un zombie n’était pas encore vraiment réglementée… La Nuit des morts-vivants (1968) avait bien proposé une certaine nomenclature, corroboré par l’ibérique Massacre des morts-vivants (1974), mais, à l’époque, la manière d’illustrer un zombie à l’écran était encore assez libre. En 1972 par exemple, les zombies étaient même de « simples » squelettes poussiéreux dans La révolte des morts-vivants (1972) d’Amando de Ossorio. Finalement, il faudra attendre 1978 et le Zombie de George A. Romero pour que le canon du zombie pourrissant mangeur de chair humaine soit véritablement établi.

Le commando des morts-vivants, série B au potentiel inexploité
Le commando des morts-vivants, série B au potentiel inexploité

Casting haut de gamme

En revanche, l’époque était friande de l’univers nazi et n’hésitait pas à s’en inspirer. Les nazisploitations étaient populaires… La même année que Le Commando des morts-vivants sortaient, par exemple, La dernière orgie du IIIème Reich et KZ9 – Camp d’extermination… Tous les eux souhaitant profiter du succès d’un Salo ou les 120 journées de Sodome (1975). Peu de films, toutefois, n’avaient eu l’idée d’adapter ces thématiques fascistes dans un environnement fantastique.

Sur le papier, Le Commando des morts-vivants a tout pour enchanter : Des soldats nazis au faciès de morts-vivants, un SS vivant en reclus sur une île abandonnée dans un hôtel non moins délaissé, des décors naturels exceptionnels alternant la jungle, une plage de sable fin ou les Everglades… Jusqu’à cette incroyable ruine qui sert de navire échoué, refuge des soldats zombies nazis aryens.

Ce n’est pas tout puisque le film bénéficie, de surcroît, de la participation de John Carradine (le Dracula de La Maison de Frankenstein et de La Maison de Dracula en 1944 et 1945) ainsi que de Peter Cushing (le chasseur de vampires préféré de la Hammer). Ce sont, ni plus ni moins, que deux monuments du cinéma fantastique qui participent au premier long métrage de Ken Wiederhorn. C’est de la folie pure pour une série B de la trempe du Commando des Morts-vivants.

D’autant plus que Brooke Adams est également de la partie. Pour le moment inconnue au bataillon, celle dont personne n’a oublié le doux et attendrissant visage déformé par l’horrible hurlement dénonçant les non convertis de L’invasion des profanateurs, sera, l’année suivante immortalisée dans Les moissons du ciel par la caméra de Terrence Malick.

Le commando des morts-vivants, série B au potentiel inexploité
Le commando des morts-vivants, série B au potentiel inexploité

Commando SS Zombies

Malheureusement, Ken Wiederhorn, quant à lui, n’a rien d’autre à lui faire faire que de courir de droite à gauche en bikini…

Les paysages, de leur côté, sont utilisés avec aussi peu d’imagination et, très vite, le film tourne un peu en rond.

Les personnages sont nombreux avec des personnalités bien définies, mais ils manquent de profondeur. En conséquence, ils sont superficiels et il faudra être exceptionnellement doté en qualité empathique pour ressentir le moindre intérêt pour leur vie.

Pareillement, le ciel qui jaunit soudainement au début de l’histoire n’est pas exploité par la suite et l’on a bien du mal à comprendre le lien entre cet aspect purement fantastique et l’origine des zombies plus proche de la science-fiction.

Après Le Commando des Morts-Vivants, la carrière de Ken Wiederhorn connaît un déclin constant avec Le retour des morts vivants II en 1988 puis quelques épisodes de la série Freddy, le cauchemar de vos nuits et 21 Jump Street en 1990 et 1991. Pourtant, en 1981, son téléfilm Appels au meurtre avec Jennifer Jason Leigh laissait présager une carrière plus prometteuse.

On ne peut que regretter que les nombreux atouts du film n’aient pas été exploités, d’autant plus que cette histoire de soldats surhumains développés par les nazis, dont on connaît l’attachement pour les sciences occultes, est absolument fascinante. Quoi qu’il en soit, bien qu’ennuyeux, grâce à ses nombreux atouts, Le Commando des morts-vivants est un film qui laisse plein d’images dans la tête.

Bande annonce

BANDE-ANNONCE : Shock Waves, le commando des morts-vivants (HD / VOSTFR)

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Notre critique d’Appel aux meurtres de Ken Wiederhon :


- Article rédigé par : André Quintaine
- Ses films préférés : Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks... Passionné de cinéma de genre, oeuvre également sur les blogs ThrillerAllee consacré au cinéma allemand et L'Écran Méchant Loup dédié aux lycanthropes au cinéma


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