Le corsaire des sept mers

Pirate anglais libertin, Jeffrey Brook est condamné par les Français à repeupler une île déserte en compagnie d’une bande de voleurs et autres prostituées. Mais Jeffrey parvient à se libérer, mène l’équipage à l’assaut du navire français et parvient à s’en emparer. Couvert d’or par le gouverneur, le pirate préfère pourtant continuer sa vie aventureuse…
Bien avant que les pitreries de Jack Sparrow ne le remette au goût du jour, le « film de pirate » connu son heure de gloire, d’abord par le biais de productions américaines de standing puis, dans les années 60, via de petites séries B souvent tournées en Italie avec des moyens restreints. LE CORSAIRE DES SEPT MERS constitue l’une d’entre elles, réalisée par un certain Antonio Mollica, cinéaste inconnu n’ayant à son actif que trois films dont deux westerns. Sa dernière réalisation, qui nous occupe aujourd’hui, LE CORSAIRE DES SEPT MERS, date de 1970, époque où la piraterie cinématographique est déjà passée de mode. Le métrage compte toutefois à son générique un familier du bis, Robert Woods. Né en 1936 dans le Colorado, celui-ci débute sa carrière dans le western au milieu des années 60 avec des titres comme BLACK JACK, JOHNNY COLT ou 4 DOLLARS DE VENGEANCE. Si le western reste son genre de prédilection il aborde aussi l’aventure et le péplum fantaisiste avant d’échouer dans les oeuvrettes érotiques de Jésus Franco comme LES GLOUTONNES, PLAISIR A TROIS ou LA COMTESSE PERVERSE. Robert Woods se montre ici assez amusant, composant un personnage de pirate libertin enjoué, déclamant de grandes tirades à toutes les femmes croisant sa route, finissant ainsi régulièrement dans le lit d’une demoiselle ou dans un piège dont il se sort toujours sans beaucoup de difficultés.
A ses côtés, Cris Huerta se montre à son avantage en combattant à mains nues des flopées d’ennemis avec son physique de gros ours rondouillard rappelant un peu Bud Spencer. Les séquences d’action ne sont donc guère crédibles mais elles restent cependant agréables et enlevées.
Pas très innovant, LE CORSAIRE DES SEPT MERS décline la plupart des clichés du « film de pirate » au travers d’une intrigue pas toujours passionnante et même parfois confuse mais dont le rythme, constamment alerte, maintient l’attention. Les péripéties se succèdent donc rapidement, les duels à l’épée sont nombreux et les quelques séquences de batailles maritimes ou d’abordage ne trahissent pas trop un budget sans doute maigrelet. Pour faire passer la pilule que constitue les nombreuses invraisemblances du récit, le métrage joue la carte d’un certain humour, essentiellement par le biais de dialogues amusants et un peu paillards.
Même si aucune scène ne ressort réellement du lot, Antonio Mollica emballe LE CORSAIRE DES SEPT MERS avec une certaine énergie, laquelle fait oublier les nombreux défauts d’un film certes mineur et oubliable mais néanmoins sympathique. Une durée restreinte (à peine 80 minutes) permet en outre de ne pas s’ennuyer, le film casant un minimum de péripéties et de séquences d’action en un minimum de temps.
En définitive, LE CORSAIRE DES SEPT MERS constitue un divertissement tout à fait correct qui se laisse regarder sans déplaisir, même si il ne restera guère dans les mémoires. Les nostalgiques des récits d’aventures gentiment surannés peuvent donc s’y risquer sans trop de risques.