LE VAMPIRE A SOIF

Grande-Bretagne - 1968 - Vernon Sewell
Titres alternatifs : Blood Beast Terror
Interprètes : Peter Cushing, Robert Flemyng, Wanda Ventham, Vanessa Howard :

Sous ce titre français fantaisiste et trompeur se cache, en réalité, une petite production horrifique de la Tigon. Cette modeste compagnie tente, à la fin des sixties, de participer au mouvement britannique de l’exploitation et du fantastique. La Tigon prend ainsi en marche le train lancé par la Hammer à qui se sont déjà accrochés les wagons de la Amicus et, par la suite, de la Tyburn. Beaucoup d’appelés, peu d’élus. Le marché est rapidement saturé et la vague plus réaliste américaine du début des seventies finit de balayer l’épouvante gothique britannique.

Pas de vampires à l’horizon

LA CREATURE INVISIBLE et LE GRAND INQUISITEUR de Michael Reeves lancent les hostilités, suivi par le mondo LOVE IN OUR TIME, l’adaptation de Lovecraft LA MAISON ENSORCELLEE, le film de science-fiction érotique ZETA ONE, le western / rape and revenge UN COLT POUR TROIS SALOPARDS, la comédie sexy AU PAIR GIRLS,…Un soucis de diversité appréciable.

La Tigon tire sa révérence avec ce qui reste sans doute une de ses meilleures réussites, LA CHAIR DU DIABLE de Freddie Francis dans lequel s’affrontent, une fois de plus, Christopher Lee et Peter Cushing. On retrouve d’ailleurs ce dernier dans LE VAMPIRE A SOIF dont l’intrigue rappelle LA FEMME REPTILE et LA GORGONE de la Hammer et, dans une moindre mesure, LA FELINE. Ou encore la production Corman THE WASP WOMAN.

LE VAMPIRE A SOIF

Policier et fantastique dans la campagne anglaise

Dans la campagne anglaise du XIXème siècle survient une série de crimes dont toutes les victimes sont des jeunes hommes. Ils ont été égorgés et vidés de leur sang par un être mystérieux. L’inspecteur Quennell de Scotland Yard, associé au sergent Allan, est dépêché pour enquêter mais l’unique témoin semble à demi-fou. Il parle, en effet, d’une créature volante aux yeux gigantesques. Quennell pose l’hypothèse qu’il puisse s’agir d’un aigle agressif. A ce sujet, il questionne l’entomologiste Carl Mallinger dont deux étudiants viennent de périr.

Difficile d’en dévoiler davantage sans gâcher le plaisir de ce petit film construit à la manière d’un whodunit. L’enquête, dans l’esprit de Harry Dickson ou de Sherlock Holmes (façon « Chien des Baskerville ») occupe l’essentiel du récit. Peter Bryan, scénariste de ce VAMPIRE A SOIF, était déjà l’auteur du CHIEN DES BASKERVILLE et de L’INVASION DES MORTS VIVANTS, deux réussites nettement plus probantes. Vernon Sewell, le cinéaste, est venu à l’épouvante en fin de carrière : aux côtés de ce film, il signa LA MAISON ENSORCELLEE et une énième version de BURKE & HARE.

Sans être déplaisant, LE VAMPIRE A SOIF se suit mollement et d’un œil vaguement distrait. Malgré une durée restreinte (moins de 80 minutes), le tout s’avère un peu laborieux et manque de mordant. Le design de la créature et les effets spéciaux fort médiocres (même comte tenu de l’époque) constituent un autre bémol. Quelques notes d’humour, certes classiques, véhiculées par un employé de la morgue ironique, donnent toutefois le sourire.

Pas vraiment passionnant, trop prévisible et attendu, le film bénéficie néanmoins d’une bonne performance de Cushing. Quoique routinière (Cushing ne force guère son talent), elle reste l’atout principal d’un métrage sinon sans grand éclat. Le comédien considérait d’ailleurs qu’il s’agissait du pire film de sa filmographie. Sans aller jusque-là, le spectacle se montre terne. Sa courte durée lui permet néanmoins de se suivre sans trop d’ennui pour les nostalgiques du fantastique anglais. Mais il ne faut pas en attendre monts et merveilles, juste une production fauchée vaguement divertissante.

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- Article rédigé par : Frédéric Pizzoferrato
- Ses films préférés : Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer - Ses auteurs préférés - Graham Masterton, Christophe Lambert, Thomas Day, Stephen King, Clive Cussler, Paul Halter, David Gemmell