Les Vampires Du Docteur Dracula

Waldemar a beau avoir mauvaise réputation, une charmante demoiselle de bonne famille tombe éperdument amoureuse de lui. Hélas, des gitans réveillent un loup-garou (le terrible membre de la famille Wolfstein), et Waldemar participe à une battue pour le défaire. Il parvient à le vaincre, mais est mordu. L’ancien prétendant de notre jeune femme, sauvé par Waldemar durant la lutte, va tout faire pour sauver son ami. Mais, en cherchant de l’aide, il va attirer un couple de vampires bien plus dangereux que n’importe quel loup-garou.

Paul Naschy est connu pour s’être spécialisé dans les histoires de loups-garous, et a incarné un nombre incalculable de fois un comte maudit, se transformant les nuits de pleine lune. Il a cependant participé à d’autres types de métrages appartenant au cinéma de genre. En 1968, il scénarise ce LA MARCA DEL HOMBRE LOBO, devenu chez nous LES VAMPIRES DU DOCTEUR DRACULA, tout en incarnant le pauvre Waldemar. Le métrage est réalisé par Enrique Lopez Eguiluz, et Paul Naschy s’entoure de plusieurs demoiselles ravissantes. Les costumes dévoilent la naissance de généreuses poitrines, comme celle de Dyanik Zurakowska, dans le rôle de la fiancée de Waldemar, ou encore celle d’Aurora de Alba qui incarne une séduisante vampire.

LES VAMPIRES DU DOCTEUR DRACULA est, sous ses dehors de petite bisserie bien classique, un film aussi étrange que fascinant. Il commence par une fête, durant laquelle nous découvrons les différents protagonistes importants, et déroule une intrigue gothique apparaissant comme terriblement prévisible, de prime abord en tous les cas. Paul Naschy y est mystérieux et sinistre, une jeune femme innocente tombe sous son charme. Apparaissent des demeures gothiques, une ancienne abbaye, et le spectateur entend parler de la terrible malédiction des Wolfstein. Pourtant, déjà, l’esthétique intrigue. Les décors en toc, comme la forêt, ou surchargés, comme l’ancienne habitation des loups-garous, créent une ambiance désuète et un peu kitsch qui, pourtant, sert le film, lui offrant un cachet unique. A cela s’ajoute l’ambiance délicieusement année soixante. En effet, nous ne sommes pas dans un film victorien. L’ajout de voitures et de tenues ancrées dans son époque créent une dichotomie fascinante avec le côté baroque et gothique créé . Le réalisateur évite par exemple de montrer trop de lumière électrique, nous voyons des gitans voyager dans une roulotte tirée par un cheval, et le spectateur a constamment l’impression d’aller d’une époque à l’autre, comme si le réalisateur n’arrivait pas à choisir l’ambiance qu’il désire donner, et le résultat, loin de déranger, devient aussi original qu’intéressant.
De même, si l’histoire paraît au début des plus prévisible, avec cette malédiction, notre héros qui se transforme en loup-garou, et son ami qui cherche à lutter contre l’inévitable, arrive, de manière aussi surprenante qu’imprévisible (bien que le titre français donne des indices à ce sujet) un couple de vampires. Mystérieux, froids, avec cape, leur apparition, aussi prodigieuse que charismatique, fait basculer le film dans une autre voie que le spectateur s’empresse de suivre.
Les effets spéciaux, eux-aussi font le grand écart. D’un côté, les transformations du loup-garou sont plutôt ratées, et le film tend à verser vers l’amusement involontaire, mais de l’autre, l’apparition des vampires est magnifique. Les héros viennent les attendre sur le quai d’une gare (pensant alors qu’ils sont leurs sauveurs). Au lieu de montrer le train arriver, le réalisateur ne fait que nous le faire entendre, et, de l’énorme nuage de fumée que produite le train, surgissent tout à coup notre inoubliable duo.
Ainsi, en lieu et place d’un film décalé et involontairement raté, LES VAMPIRES DU DOCTEUR DRACULA se révèle être une petite perle du bis, au charme désuet un peu kitsch et à l’ambiance surprenante d’originalité, qui arrive jusqu’à nous grâce à Artus films, toujours là pour dévoiler des pépites du cinéma de genre.


- Article rédigé par : Yannik Vanesse