L’odyssée sous la mer

Canada - 1973 - Daniel Petrie
Titres alternatifs : The Neptune Factor
Interprètes : Ben Gazzara, Walter Pidgeon, Ernest Borgnine, Yvette Mimieux

Réalisateur émérite de séries télévisuelles depuis la toute fin des années 1940, Daniel Petrie passe à la vitesse supérieure en 1973 avec L’ODYSSEE SOUS LA MER, son premier long-métrage pour le cinéma. Profitant du succès l’année précédente de l’immense AVENTURE DU POSEIDON de Ronald Neame, voilà qu’arrive le film de Daniel Petrie avec, parmi les rôles principaux, Ernest Borgnine, tout juste sorti du bateau sus-nommé. S’inscrivant dans la directe lignée des films de sous-marins initiée à la fin des années 1960 (citons pêle-mêle LE SOUS-MARIN DE L’APOCALYPSE ou encore LA CITADELLE SOUS LA MER, tous d’eux signé par l’incontournable Irwin Allen), L’ODYSSEE SOUS LA MER a tout du grand film d’aventure.
Au fin fond de l’océan atlantique est installé l’Ocean Lab II, laboratoire permettant à des scientifiques d’étudier les grands fonds et leur activité sismique. Secondé par un bateau en surface, le petit groupe travail d’arrache pied lorsqu’un tremblement de terre sous-marin ouvre une faille dans laquelle disparaît l’Ocean Lab II. Le docteur Andrews, responsable de l’expédition et officiant à la surface, charge alors le chef plongeur Don Mackay et le commandant Adrien Blake de descendre là où aucun homme n’est jamais allé, grâce à un sous-marin expérimental baptisé le Neptune.
Multidiffusé à la télévision, L’ODYSSE DE LA MER offre, plus de trente après sa sortie, un spectacle toujours aussi divertissant. Débutant par des plans d’un océan déchaîné filmé dans un scope impeccable, cette odyssée est une véritable invitation au voyage vers des contrées inconnues, s’inscrivant dans le domaine du rêve. D’onirisme il est d’ailleurs question lors des séquences sous-marines dont les couleurs, la chorégraphie des mouvements et l’orchestration musicale plongent le spectateurs dans les méandres des rêves et des cauchemars.
S’appuyant sur un casting solide et un scénario qui, s’il n’est pas toujours très crédible, n’en demeure pas moins passionnant, Daniel Petrie fait la démonstration d’une impressionnante maîtrise du cadre en cinémascope pour mieux happer l’audience.
Certes, pour un spectateur d’aujourd’hui, le film souffre d’un rythme relativement lent pour un métrage d’une durée standard (un peu moins d’une heure quarante) et les séquences spectaculaires sont rares (contrairement à ce que laisse espérer l’affiche). Les effets spéciaux se comptent sur les doigts d’une main, car, à part une maquette de sous-marin, tout le reste n’est qu’effet de montage : les poissons géants ne sont que de petits poissons juxtaposés aux plans des comédiens avec des petits repères visuels qui donnent l’illusion de proximité. Malheureusement, ce subterfuge visuel, peut-être efficace à l’époque, n’est plus crédible à l’heure actuelle, pas plus que les diverses transparences utilisées pour donner une impression de gigantisme à des crabes ou des anguilles (sans pour autant sombrer dans le ridicule du film LES RONGEURS DE L’APOCALYSPE et sa horde de lapins géants, sorti l’année précédente). Pourtant, loin de desservir le film, ces petites touchent désuètes achèvent d’en faire un solide film d’aventure à l’ancienne, aux personnages fouillés, au suspens prenant et à l’esthétique soignée.


- Article rédigé par : Nassim Ben Allal