Masters of Horror Saison 2: Family

USA - 2006 - John Landis
Interprètes : George Wendt, Meredith Monroe, Matt Keeslar, Hayley Guiel

Déjà responsable du sympathique DEER WOMAN (une beauté mi-humaine mi-cerf s’en prenant à de pauvres innocents), le réalisateur de plusieurs clips de Michaël Jackson renquille pour cette seconde saison en signant un épisode au pitch efficace et à la conclusion excellente…
Celia et David, jeunes mariés se remettant tout juste de la perte de leur petite fille Sarah, emménagent dans une nouvelle ville afin de reprendre leur vie à zéro. Ils ne tardent pas à faire la connaissance d’un individu pour le moins étrange : Harold, leur voisin bedonnant. Il a un passe-temps un peu particulier puisqu’il collectionne les différents membres d’une famille au sens premier du terme. Comme le montre avec humour la première séquence, notre homme utilise sa cave à des fins sordides : il fait fondre la peau de ses victimes, emboîte leurs os à nouveau comme s’il jouait avec des « humains en kit à monter soi-même », les habille puis les considère comme de vrais membres de sa famille… Il se passe décidément beaucoup de choses dans la tête du gros Harold qui finit par se convaincre que la charmante Celia fait elle aussi partie de « la famille »…
FAMILY est sans conteste une très bonne comédie noire. Landis a choisi à la fois de vrais acteurs et des vieux squelettes pour représenter la famille du psychopathe Harold. Un choix judicieux qui permet au spectateur de visualiser ce que Harold s’imagine. C’est en même temps hilarant et perturbant de voir ce personnage interagir (parler, rire, s’engueuler…) avec des êtres qui ne sont vivants que dans son esprit.
George Wendt a d’ailleurs un faciès qui colle bien au personnage qu’il incarne. Sa rondeur confère en fait à Harold un côté jovial assez dérangeant. Son physique à l’air sympa contraste ainsi avec ses agissements macabres. Le voisin de David et Celia apparaît presque comme inoffensif en dépit de ses actes monstrueux.
Il serait malvenu d’en dire trop sur FAMILY par peur d’en révéler le twist final, twist que certains verront venir à l’avance. Mais même si l’on parvient à anticiper d’éventuels retournements de situations, cela n’enlève rien au charme de cet épisode. Les plans restent toujours très posés ; on est loin du « caméraman à la maladie de Parkinson » sur le Tobe Hooper THE DAMNED THING… Le gore est peu présent mais ça passe très bien comme ça. Dans FAMILY, la caméra est proche du personnage principal. C’est en cela qu’on pourrait qualifier l’approche de Landis comme humaine. Harold ne nous est pas présenté comme le sombre fou de base qui ne fait que tuer par plaisir. Il est certes dérangé mais on sent que ses meurtres sont la conséquence d’un mal-être intérieur. Ses tueries ne sont en rien justifiées mais on a presque envie de l’aider…
On vous conseille donc vivement la vision de la deuxième réalisation de Landis pour la saga Masters of Horror. Ambiance prenante, bons jeux d’acteurs, mise en scène bien foutue… FAMILY a décidément tous les atouts de son côté pour séduire.

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- Article rédigé par : Michaël Guarné