Mon Mon Mon Monsters !

Dans les recoins sombre de Taipei, deux créatures inhumaines se repaissent des sans-abris tombant entre leurs griffes. Lin Shu-Wei, un adolescent mal dans sa peau, est accusé à tort d’un vol. Il se retrouve à s’occuper de vieilles personnes dans un asile en travaux généraux. Flanqué de la bande de racailles de sa classe, il se retrouve bien malgré lui mêlé à leurs activités criminelles qui vont le confronter à l’une des créatures anthropophages.

Giddens Ko réalise une comédie horrifique à l’humour très noir avec MON MON MON MONSTERS !. Avant cela, il s’est fait connaître par des romans pour adolescents qu’il a dans un premier temps publié sur internet. Ceux-ci ont rencontré un vif succès, et ont par la suite été adaptés par ses soins au cinéma. Mais le succès a eu un revers de médaille. Sa vie privée a été étalée dans les tabloïds après des photos prises de lui avec sa maîtresse. Ces photos lui ont valu une vague de reproches voire de haine sur internet de la part de ses fans. Ainsi MON MON MON MONSTERS ! est littéralement né d’une période très noire de la vie du réalisateur qui a voulu faire ressentir son désarroi à travers le héros mais aussi sa vision plus noire de l’humanité après ce passage sombre de sa vie.

Il n’est guère étonnant, quand on connaît l’histoire derrière le film, de voir un film avec des adolescents et à priori s’adressant aux adolescents avec autant de noirceur dans son ADN. Pour commencer, tous les personnages sont absolument horribles, y compris notre héros. Ce dernier pour obtenir gain de cause balance littéralement ses camarades de classes avant de se laisser complètement emporter et submerger par la vague de violence de ces derniers. Finalement, il devient comme eux, un bully, afin de survivre mais aussi parce qu’il a le souhait au fond de lui-même d’être intégré au groupe.

Pour un film sur l’adolescence MON MON MON MONSTERS ! explore véritablement les tréfonds de la noirceur de l’âme humaine et tout particulièrement de la cruauté de la jeunesse. Ainsi le film s’attache à suivre le petit groupe d’adolescent s’adonnant à la pure cruauté que ce soit envers leurs camarades de classes comme envers les personnes âgées qu’ils doivent aider jusqu’à leur attitude envers les monstres qui font d’eux des monstres plus effroyables encore que ces créatures pourtant déshumanisées. C’est bien sûr ce qui donne une grande profondeur au film qui observe l’humanité à la loupe et particulièrement sa noirceur.

La séquence du gymnase avec la professeur soumise à leur cruauté étend plus largement cette cruauté, plus seulement à un petit groupe qui visiblement se comporte comme un gang, mais à toute l’école. Pas un seul de ces adolescents n’est à sauver estime le réalisateur, exception faite, de l’obèse de l’école qui est rejetée littéralement puisque mise à l’écart de tout le monde y compris par les professeurs. Personne ne peut être sauvé nous raconte donc Giddens Ko hormis peut-être quelques êtres d’exception.

Projeté à l’ETRANGE FESTIVAL à Paris en septembre 2017, il n’a pour l’instant de sortie annoncée en France.