Murder Obsession

Italie - 1981 - Riccardo Freda
Titres alternatifs : Follia Omicida, Delirium, Fear
Interprètes : Stefano Patrizi, Anita Strindberg, Silvia Dionisio, Laura Gemser, Martine Brochard

Michael Stanford, est acteur d’un film d’horreur. Il décide, pour se reposer, d’aller, en compagnie de sa petite amie, rendre visite à sa mère, qu’il n’a pas vue depuis longtemps. Perturbé au plus haut point par un événement traumatique de son passé (la mort de son père), il va rapidement perdre pied dans cette demeure, entre les rapports troubles qu’il entretient avec sa mère, et l’ambiance étouffante qui se dégage de la sinistre demeure. Plusieurs amis liés au tournage viennent rendre visite au couple, dans cette demeure qui va être le théâtre de plusieurs meurtres atroces.

Riccardo Freda fut un réalisateur prolifique de l’âge d’or du bis italien, livrant un certain nombre de pellicules, dans diverses genres. Il a entre-autre réalisé plusieurs pepla. Pour ce gialli, il s’entoure d’un casting intéressant, avec entre-autre Laura Gemser, égérie de Joe d’Amato, et totalement inoubliable dans son rôle de Black Emanuelle. Mais elle n’est pas seule à offrir sa beauté peu farouche au film. Aidée de Silvia Dionisio, MURDER OBSESSION est ainsi par moment d’une sensualité très intense.

Autant le dire immédiatement, MURDER OBSESSION est, dans son scénario et son déroulement de l’intrigue, un gialli très classique, très respectueux de ses codes. On y trouve une touche d’érotisme – et, avec de telles actrices, impossible de s’en plaindre – , une ambiance quelque peu onirique, un tueur à l’arme blanche dont on ne voit bien souvent que les mains gantées, ainsi que des meurtres violents, sanglants et sadiques.
Cependant, le film est un superbe gialli, grâce au talent de son réalisateur et de ses acteurs. Dès la scène d’ouverture, faux meurtre issu du film dans lequel joue Michael Sanford, le spectateur est bluffé. Une photographie bleutée, glaciale, dans laquelle la robe jaune de Laura Gemser ressort magnifiquement, nous montre l’assassinat de la belle. La scène est aussi sensuelle que cruelle, onirique et cauchemardesque, pour un résultat du plus bel effet, visuellement superbe. Nombre de morceaux de bravoures de ce genre parsèment MURDER OBSESSION, le point d’orgue étant atteint avec le cauchemar éveillé de Silvia Dionisio, qui se voit courir dans un étrange donjon, poursuivie par de sinistres créatures. Là encore, rêve et cauchemar s’entremêlent, rendant la séquence aussi sexy que sinistre. Elle hantera ainsi longtemps l’esprit du spectateur.
Sorti de cela, Riccardo Freda déroule son histoire classique, où se mélangent traumatismes du passé, syndrome d’œdipe et magie noire, dans l’immense demeure familiale. Une maison souvent plongée dans l’ombre et plutôt étrange, qui aide grandement à installer une ambiance angoissante. Le contraste entre l’étouffante maison et le jardin bucolique est saisissant. Plusieurs meurtres sont mis en scène, très giallesque, entre la noyade cruelle, l’attaque au couteau ou à la tronçonneuse, de nombreuses effusions de sang les ponctuant. Ce sang, très visiblement faux – de la peinture rouge, fort probablement – accentue encore le côté surréaliste, irréel, de l’histoire, de même que la bande-son, qui alterne morceaux de piano et crissements stridents.
Au final, regarder MURDER OBSESSION est comme plonger dans un rêve étrange se transformant en cauchemar. Pas toujours réaliste mais entêtant, le film mérite grandement le détour.


- Article rédigé par : Philippe Chouvel
- Ses films préférés : Femina Ridens, Les Démons, Danger Diabolik, L’Abominable Docteur Phibes, La Dame Rouge Tua 7 Fois