Pick Me Up

Le 11ème épisode de la série Masters Of Horror, PICK ME UP, est l’œuvre de Larry Cohen, créateur de la série LES ENVAHISSEURS en 1967, plus connu pour ses scénarii pour le cinéma et la télévision que pour ses réalisations.
Un autobus tombe en panne au milieu de nulle part. Le conducteur, ainsi que les voyageurs, descendent pour voir la nature des dégâts et constatent qu’ils ne pourront malheureusement pas repartir. L’une des passagères, Stacia (Fairuza Balk), ne voulant pas attendre une hypothétique aide, décide d’aller à pied jusqu’au motel le plus proche se situant à 14 miles en suivant la route. Peu de temps après son départ, un camion qui passait par là s’arrête et le chauffeur propose d’emmener ceux qui le veulent à la prochaine station service afin qu’ils puissent appeler une dépanneuse…Pendant ce temps, un peu plus loin, toujours sur la même route, un jeune homme à l’allure plutôt étrange fait du stop…
Le propos de cet épisode, la rencontre morbide entre deux « serial killer » se disputant la même proie, apparaît aussi séduisant qu’original. Wheeler (Michaël Moriarty), un vieux routier, prend des auto-stoppeurs le long d’une route dans un coin perdu de la campagne américaine pour les assassiner alors qu’un jeune rôdeur, Walker (Warren Kole), fait du stop afin de tuer les conducteurs. Fatalement, ils devaient se rencontrer tôt ou tard. Le récit s’avère bien construit. La mise en scène appuie le scénario notamment avec cette séquence au motel filmée en vue aérienne. Le plan s’ouvre sur Stacia allongée sur le lit dans sa chambre d’hôtel puis lorsque le champ s’élargit, on s’aperçoit que les chambres de chaque côté de la sienne sont occupées chacune par un meurtrier. On comprend dès cet instant que le gibier est cerné par ses chasseurs et que la compétition commence entre eux. On rencontre à nouveau cette composition scénique, Stacia assise entre les deux fous dangereux mais dans un camion cette fois, vers la fin de l’épisode comme pour nous montrer que le piège se referme sur elle.
L’horreur est perçue ici de manière psychologique et cruelle, les tueurs préférant jouer avec leurs victimes pendant qu’elles sont vivantes plutôt que de les découper tout de suite. Ce qui amène des jeux de piste ludiques entre les deux rivaux, des poursuites acharnées entre les meurtriers et leurs proies ainsi qu’une double chasse à l’homme surprenante. Visuellement, on a quand même droit à une petite scène de torture quelque peu gore et sanglante ainsi qu’un piège astucieux duquel on ne peut s’échapper sans y laisser des plumes.
L’ambiance inquiétante et le suspense règnent tout du long jusqu’à un twist final assez inattendu. De plus, l’atmosphère de peur relative aux « redneck » de l’Amérique profonde est bien rendue. Le tout est traité avec humour noir, surtout présent dans les dialogues, en particulier lors de la première rencontre entre nos deux détraqués. On retrouve cette touche comique avec un jeu de mot sur le nom des personnages : l’auto-stoppeur, le rôdeur s’appelle Walker (« to walk » signifiant marcher) et le routier se prénomme Wheeler (« wheel » voulant dire roue). En ce qui concerne les protagonistes, ils sont convaincants et les rôles sont bien tenus, en particulier par nos trois héros : Stacia, Walker et Wheeler.
PICK ME UP est donc un épisode surprenant avec un scénario peu commun où l’ambiance et l’intrigue vous tiennent en haleine jusqu’au bout.