Revenge : a love story

Hong-Kong - 2010 - Ching-Po Wong
Titres alternatifs : Fuk Sau Che Chi Sei
Interprètes : Sora Aoi, Juno Mak, Lau Wing, Chin Siu-Ho, Tony Ho Wah-Chiu

Un tueur massacre deux femmes enceintes et leurs compagnons policiers. Un jeune homme de 23 ans est aussi vite arrêté que relâché quand une autre femme est éventrée. Pourtant, le capitaine Lao Guay est convaincu d’avoir arrêté le tueur. Que s’est-il donc passé six mois plus tôt entre ce tueur et ces policiers ?

Depuis 1997, Hong-Kong a été réunifiée à la Chine. De cette époque date à la fois l’envol des productions grand public de Chine populaire à destination internationale (le nouveau Wu Xia Pian né dans la foulée de TIGRES ET DRAGONS) et la fin des catégories III que Hong-Kong produisait depuis la fin des années ’80. Depuis, le ciné de Hong-Kong peine à retrouver son statut international, même s’il est encore de temps en temps traversé de belles fulgurances. Avec REVENGE : A LOVE STORY, Ching-Po Wong (qu’on connait depuis son JIANG HU de 2004) ressuscite la catégorie III, se coupant dès lors de toute possibilité d’exploitation en salle en Chine populaire. En cause, les très brèves scènes de nudité féminine (tournée par Aoi Sora, une actrice japonaise issue du X, les chinoises « restant trop prudes ») et surtout un portrait de policiers corrompus, absolument impensable dans la très immaculée république communiste. La même société de production nous avait déjà gratifiés l’année dernière à l’Etrange festival du très sanglants et très beau slasher DREAM HOME.

L’Asie reste donc à l’heure actuelle le continent où se tournent les polars les plus intéressants (voire notre critique de THE UNJUST, présenté tout comme REVENGE : A LOVE STORY à l’Etrange festival 2011). En cause, la conjugaison entre d’une part scénarios fouillés développant les personnages et les intrigues et d’autre part une mise en image dynamique qui n’oublie pas de ponctuer l’ensemble d’accès de violence bien amenés.

Ici, on délaisse les habituelles métropoles, repaires habituels des tueurs sadiques et des policiers fatigués, au profit d’une petite ville de province. Et l’implacable dépeceur, s’il comment l’irréparable, n’en reste pas moins humains, motivé par la vengeance. Car la police aura eu le tort de s’attaquer à sa petite amie, légèrement handicapée, et de couvrir de surcroit sa faute en inculpant de manière fantaisiste notre homme.

La mise en scène joue intelligemment du point de vue des deux principaux protagonistes ou, plus exactement, ouvre sur celui des policiers avant de nous faire basculer dans le camp du tueur dont la triste histoire nous est ensuite narrée.

L’ensemble dénonce évidemment la corruption policière et la couverture des bavures, mais procède aussi par petites touches, comme le placement en institution de Weng Li dans une institution sociale aux allures carcérales, d’ailleurs monté en parallèle avec l’incarcération de son compagnon.

Et c’est autant de ces détails que de la tonalité de l’ensemble que résulte la réussite de ce REVENGE : A LOVE STORY qui conforte l’Asie dans le peloton de tête mondial des polars.

Retrouvez nos chroniques de l’Etrange Festival 2011.


- Article rédigé par : Philippe Delvaux
- Ses films préférés : Marquis, C’est Arrivé Près De Chez Vous, Princesse Mononoke, Sacré Graal, Conan le Barbare


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