Ring 2 & Rasen : Deux Suites plutôt qu’une

Japon - 1998 - Hideo Nakata, Jôji Iida, Koichi Sato, Miki Nakatani
Titres alternatifs : Rasen, Ringu 2
Interprètes : Nanako Matsushima, Miki Nakatani

Réalisé presque en même temps que le premier RING de Hideo Nakata, RASEN, tout comme ce dernier, est très fidèle au roman de Suzuki Koji. Néanmoins, son échec au box-office ainsi, que, peut-être, son échec artistique, amenèrent Hideo Nakata à réaliser sa propre suite à son chef-d’œuvre. Le résultat est deux films radicalement différents.
RING 2 reprend là où se terminait son prédécesseur. Ryuji est mort car il n’a pas fait de copie de la cassette maudite. Reiko et Yoichi, eux, sont toujours en vie, cachés dans Tokyo, essayant de reconstruire leur vie. Le grand-père, lui, s’est sacrifié. Dans RASEN, il en est tout autrement. RASEN reprend également là où s’arrêtait le film de Hideo Nakata mais les données sont totalement différentes. Ryuji, Reiko et Yoichi sont morts. Ryuji est mort car il n’a pas fait de copie. Reiko et Yoichi sont morts en voiture. Malgré la copie faite au grand-père, Yoichi meurt et Reiko, choquée par la vision de son enfant mort, perd le contrôle du véhicule. Le grand-père, quant à lui s’est suicidé avant le fameux terme des sept jours. Là où la logique de la malédiction de Sadako continuait son cours dans RING 2, cette logique est absente de RASEN.
RING 2, lui, poursuit sur la voie de son prédécesseur et reste un film de terreur. On suit cette fois-ci la petite amie du professeur, Mai, qui mène l’enquête désirant comprendre la raison de son décès. Celle-ci rencontre Reiko et Yoichi. Même s’ils ont échappé à la mort, ils n’ont pas pour autant échappé à la malédiction. Le gamin, déjà sensible aux ondes psychiques a vu ses capacités extra-sensorielles augmenter encore. RING 2 part du principe que la malédiction tourne désormais autour de lui. C’est sa colère qui appelle Sadako. Mais comment canaliser cette colère, c’est ici que réside tout le problème du film. Pendant ce temps, on aura eu le temps d’assister à de nombreuses scènes de pur bonheur horrifique. Même si la fin de RING 2 est sans doute un peu trop exubérante et le climax loin d’être aussi excellent que celui de RING, RING 2 reste tout à fait efficace et fait honneur à son prédécesseur.
RASEN, à l’inverse, prend à contre-pied le film original. Il abandonne l’idée de la malédiction pour se concentrer uniquement sur celle du virus. Ce n’est même plus Sadako qui tue, mais un virus, une forme mutante de la variole. Certes, Sadako reste à l’origine de ce virus et l’on apprend qu’elle l’a lâché pour transformer tout le monde en Sadako, c’est-à-dire des gens possédants des pouvoirs psychiques. Dans RING 2, nous suivons Mai, dans RASEN, nous suivons Ando, l’ami de fac de Yoichi (le personnage effectue d’ailleurs une courte apparition dans RING 2). Ceci symbolise les voies différentes que prennent les deux réalisateurs. Alors que RING 2 est un film d’horreur, RASEN, lui, est un film de science-fiction utopique. En outre, même si ce dernier suit à la lettre le roman, il n’empêche que les rares scènes de terreur qui y existaient (comme la réincarnation de Sadako et son évolution vers l’âge adulte) ont été complètement oubliées comme pour encore mieux affirmer son affiliation au genre de la science-fiction. En même temps, on ne peut pas vraiment lui reprocher quoi que ce soit. Même si le rythme est plutôt lent, on ne s’y ennuie pas franchement et il est vrai qu’il est plutôt intéressant. Il est d’ailleurs à l’instar du livre, un produit honnête mais pas véritablement passionnant. D’ailleurs, Ring, le livre, n’était pas non plus forcément un chef-d’œuvre de littérature fantastique. C’est plutôt ce qu’en a fait Hideo Nakata qui restera dans les mémoires.


- Article rédigé par : André Quintaine
- Ses films préférés : Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks