Satanic

USA - 2007 - Dan Golden
Interprètes : Annie Sorel, Jeffrey Combs, Angus Scrimm, James Russo, Brett Erickson, Eliza Swenson, Brian Burnett

Victime d’un accident de la route qui l’a rendue amnésique, Michelle est en proie à d’affreuses visions nocturnes. Elle essaie de recoller les pièces du puzzle à l’aide d’images mentales qu’elle peine à déchiffrer. Prise en charge par une famille d’accueil dès sa sortie de l’hôpital, ce sera l’occasion d’une première surprise. Michelle est contrainte de vivre dans une villa à l’ambiance plutôt bizarre. Foyer pour adolescents en rupture, il est dirigé par un affreux couple que domine une mégère aussi vilaine qu’antipathique.
Des meurtres ont lieu dans l’entourage de Michelle. Inquiète, elle se décide à utiliser le seul objet intact après son accident. Elle tente donc, aidée de sa copine de chambre, de faire fonctionner une sorte de plateau à fromages satanique gravé de signes maléfiques. Difficile de retenir un sourire lors de cette approche de l’au-delà. Malheureuse en sorcellerie comme sur la route, Michelle avance à petits pas. Si petits qu’il faut attendre la toute fin de cette insipide histoire pour en comprendre le fin mot. Le film s’est étiré longuement, de grognements diaboliques en dialogues interminables. Qu’en reste-il ? Pas grand chose à vrai dire. Ni les acteurs, soit adolescents exaspérants, soit adultes au bout du rouleau, le visage défait, ni les maigres effets spéciaux ne donnent un poil de tonus à un récit tout en mollesse. La présence de veilles gloires n’y change rien. Jeffrey Combs, mémorable docteur de Re-Animator et solide interprète à la filmographie étoffée par plus de vingt-cinq ans de carrière, se voit réduit à incarner un inspecteur transparent. Carte de visite flatteuse pour la promotion de Satanic, son nom y est immanquablement associé. Pareil pour Angus Scrimm. Médecin dans un hôpital, il fait un passage éclair et se borne à poser quelques questions à Michelle à son réveil. De l’utilisation des vedettes d’antan à leur strict minimum, à l’interprétation plus que moyenne de l’ensemble des personnages, le film est particulièrement mal servi. Il l’est tout autant pour la forme. Image délavée, intérieurs banals, tout ou à peu près est soit fade, soit laid. Quant aux effets spéciaux, ils suivent malheureusement le mouvement d’ensemble et ne sont jamais inspirés ou percutants. Et pourtant, les occasions ne manquent pas. Rythmée par des cauchemars qui lui rappellent son accident, la vie de Michelle est marquée par des visions inquiétantes. Les vieilles recettes sont exploitées sans vergogne. Le passage de manière furtive d’une silhouette au premier plan permet par exemple l’économie d’un maquillage conséquent. Ces effets usés jusqu’à la corde sont lourdement soulignés par un accompagnement sonore mal venu. La somme de toutes ses tares rend l’épopée tout bonnement soporifique.
Le plus sidérant vient d’un générique parfaitement fourni. Si la présence de cette masse de travailleurs de l’ombre est une énigme de plus, celle qui entoure la vie de Michelle se sera dévoilée qu’aux plus patients du diabolique à deux sous. Courage.


- Article rédigé par : Philippe Wiedmer