Seven Swords

Un tyran sanguinaire (comment pourrait-il en être autrement !) tient sous son joug la population. Aidé par une troupe de cavaliers à sa solde, il asservit les paysans, quitte à utiliser la violence. Mais son règne touche à sa fin puisque 7 guerriers dotés chacun d’une épée magique vont affronter la terrible dictature et la tâche s’avère plus ardue que prévue.
Revoilà Tsui Hark dans un film historique basé dans une Chine médiévale avec plein de cavaliers hirsutes et de villageois sans défense. C’est pendant 2h30 que se déroule Seven swords et avouons-le, c’est un peu long. Avec une telle durée, difficile de ne pas s’assoupir même si Hark fait tout son possible pour peindre une atmosphère personnelle. Pourtant, le bougre a accumulé les déconvenues cinématographiques depuis plusieurs années et ce même depuis son retour à Hong Kong. Elle est loin l’ère du Spielberg local. Avec Seven swords, difficile également de ne pas oser un comparatif avec le génial The blade ou les trois premiers volets Il était une fois en chine. Hélas, Seven swords ne parvient pas à renouveler l’extraordinaire réussite de ce monument barbare qu’était The blade et ne lui arrive pas à la plante des pieds. Heureusement, les combats sont violents mais sans excès ici, point d’effusions de sang, on meurt proprement. Les acteurs ont plutôt tendance à virevolter dans les airs et c’est soutenu par des câbles qu’ils croisent le fer. Et là franchement Hark, est à l’aise même si on sent une certaine redite. Ça saute dans tous les sens, ça se prend des gamelles et ça claque le corps tuméfié, bref on ne perd pas son temps à suivre les aventures sauvages de la bande des 7 ! Ce qui distingue Hark de ses autres confrères : le sens du cadre. Il ne se passe pas un instant sans qu’il y ait une recherche formelle. Même si Seven swords est nettement moins abouti que ses autres chefs-d’œuvre (mais largement supérieur aux 2 vandammeries et autre Black mask 2, ce qui n’est pas trop dur !), on est quand même happé par le spectacle. De très belles séquences traversent le film comme celle où un couple fait l’amour dans une grotte sous un halo de lumière. Hark concentre sa caméra sur la femme et ne loupe aucune de ses émotions. Le visage de son partenaire étant, lui, rarement cadré. C’est très habillement filmé, sans le moindre faux pas. Dommage que Hark ait trop étiré son film. Même si l’histoire est assez étoffée, le public occidental a du mal à suivre (surtout quand on le visionne en cantonnais non sous-titré !). Il reste quelques bribes du Hark que l’on connaît même s’il est très en deçà de la phase créative Il était une fois en chine. Paradoxalement, Seven swords a connu un joli succès public lors de son exploitation en salles. Pas très logique quand on sait que The blade, lui, s’est méchamment viandé au box office ! Trop long, pas assez créatif et trop commercial, Seven swords n’est pas le film qui va réveiller le génie de Hark, si génie il y a encore. Déjà vu mais aussi vite oublié. Mauvais signe !