Sound Of My Voice

USA - 2011 - Zal Batmanglij
Interprètes : Christopher Denham, Nicole Vicius, Brit Marling

Deux journalistes amateurs décident de s’infiltrer dans une secte, avec l’intention de faire un documentaire sur celle-ci et de révéler la dangereuse supercherie de la femme qui la dirige. Cette dernière prétend, en effet, venir de l’an 2054 pour choisir quelques élus qu’elle veut préparer au sombre futur qui approche. Elle semble, cependant, former une étrange milice pour un dessein des plus obscurs.

Zal Batmanglij est le réalisateur de ce SOUND OF MY VOICE. Il en co-écrit le scénario avec Brit Marling, la ravissante actrice incarnant le personnage ambigu de cette prétendue voyageuse temporelle, rôle qu’elle parvient à rendre aussi fascinant que dangereux.

SOUND OF MY VOICE fait beaucoup penser à une version malsaine de K-PAX. Dans ce film, Kevin Spacey se fait interner dans un hôpital psychiatrique. En effet, son discours, dans lequel il prétend être un extra-terrestre venant de la lointaine planète K-Pax, ne le fait pas paraître des plus sains d’esprit auprès des autorités. Pendant tout le film, le spectateur se demande, ainsi, si le personnage principal est un gentil dingue, ou s’il est bien celui qu’il prétend être.
Dans SOUND OF MY VOICE, le principe est assez similaire, excepté que, si Brit Marling n’est pas celle qu’elle prétend être, elle est, dans ce cas, une dangereuse criminelle armant une milice et manipulant les foules. Pour nous emmener dans son univers, Zal Batmanglij ne possède pas un gros budget, mais ce n’est pas dérangeant. Quelques décors, plusieurs personnages, et le film fonctionne plutôt bien. Certes, les journalistes amateurs sont joués de manière correcte, sans plus, mais Brit Marling est fascinante et ambiguë à souhait, campant avec brio cet étrange personnage, et portant en grande partie le film sur ses épaules. Toutefois, si certaines scènes ne sont pas forcément utiles, approfondissant les rapports entre les deux protagonistes principaux de manière assez prévisible, il manque certains éléments de compréhension. Vouloir laisser le spectateur dans le flou n’est pas préjudiciable. Cependant, à de nombreuses reprises dans le métrage, le public découvre que certaines informations sont données aux personnages, alors que lui est laissé dans l’obscurité. Ainsi, nous ne savons pas pourquoi la dirigeante de la secte a besoin d’une enfant, mis à part la raison qu’elle-même avance, alors qu’une autre explication est chuchotée à l’oreille d’un protagoniste. De même, nous ignorons tout de l’enfant et des étranges choses qu’elle fabrique dans sa chambre.
Ainsi, quand le générique de fin apparaît, certains spectateurs pourraient voir un grand film délicieusement mystérieux, ce qui lui a valu l’Octopus d’Or à la 5ème édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. Mais d’autres pourraient trouver qu’on se moque un peu d’eux, et se demander si le réalisateur a résolu les énigmes de son histoire, où s’il a utilisé un script inachevé, confiant dans l’aura de mystère du film.
Si SOUND OF MY VOICE est une œuvre intéressante, avec de grandes qualités : l’actrice principale et le questionnement du film, il lui manque quelque chose pour vraiment être passionnant. En l’état, il reste un bon film, mais aurait peut-être mérité de livrer quelques clés de compréhension supplémentaires.

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- Article rédigé par : Yannik Vanesse


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