Tarzan et la belle esclave

Réalisateur du précédent volet (TARZAN ET LA FONTAINE MAGIQUE), Lee Sholem rempile pour cette nouvelle aventure qui met en vedette Lex Barker, lequel campe le Seigneur de la Jungle pour la seconde fois. A ses côtés, Vanessa Brown incarne Jane Porter (elle ne reviendra plus au rôle par la suite) en remplacement d’une Brenda Joyce démissionnaire. L’intrigue, elle, reste dans la lignée des Tarzan cinématographiques antérieurs et demeure toujours aussi éloignées des romans originaux d’Edgar Rice Burroughs.

La tribu des Lions agonise, victime d’une mystérieuse maladie qui décime leur population féminine, les obligeant à capturer des jeunes femmes pour résoudre ce problème. Tarzan, de son côté, cherche un remède et rencontre une infirmière, Lola, qui rend Jane bien jalouse. Les deux rivales sont, par la suite, enlevées par la tribu et conduites au prince des Lions, lequel ne laisse pas Lola insensible. Accompagné d’un médecin, Arthur Shields, Tarzan se rend dans la cité perdue afin de sauver les demoiselles et de soigner les malades. Mais Caruso, le bras droit du roi, ne l’entend pas de cette oreille et souhaite préserver son emprise sur la cité…

Si la première moitié de ce TARZAN ET LA BELLE ESCLAVE s’embourbe dans les conventions précédemment établies par la saga, la seconde partie se révèle, heureusement, plus intéressantes. La cité perdue (un lieu commun des romans de Burroughs) abrite une population rappelant l’Egypte antique et le métrage s’oriente, dès lors, vers une sorte de péplum fantaisiste guère éloigné des exploits de Maciste ou Hercule. Si Tarzan ne possède pas la force de ces derniers, il bénéficie de l’aide de ses amis éléphants pour faire s’écrouler une pyramide lors du climax. Entrée dans les années cinquante, la saga voit également la censure se relâcher quelque peu : la rivalité entre Jane et Lola est ouvertement sexualisée et quelques cruautés surprennent comme ce bras écrasé par un pachyderme ou ce méchant jeté aux lions. Dommage que le budget restreint limite la portée spectaculaire du film qui souffre, en outre, de transparences très visibles et de décors peu crédibles.

Athlétique, Lex Barker se montre convaincant dans les scènes d’action mais guère à son avantage dans les passages dialogués où, à l’image de son prédécesseur, il adopte un phrasé juvénile à grand renfort de « Tarzan aime Jane » aux antipodes du gentleman décrit par les romans. La carrure musculeuse du comédien fait néanmoins merveille, de même que sa sauvagerie à peine contenue, notamment lorsqu’il use d’un arc comme d’une massue pour fracasser un de ses adversaires. De son côté, Vanessa Brown, en Jane stéréotypée, est complètement éclipsée par la Française Denise Darcel, découverte dans BASTOGNE l’année précédente et ensuite revue dans VERA CRUZ et CONVOI DE FEMMES.

Dans l’ensemble TARZAN ET LA BELLE ESCLAVE fonctionne gentiment, loin du faste des premiers épisodes avec Weissmuller mais proche de l’orientation plus fantaisiste et ouvertement bis prise par la saga depuis son passage à la RKO. Correct et distrayant pour les nostalgiques, sans plus ni moins.