Tarzan et la reine de la jungle

USA - 1951 - Byron Haskin
Titres alternatifs : Tarzan's peril
Interprètes : Lex Barker, Virginia Huston, Dorothy Dandridge, George Macready, Alain Napier

Ce nouvel épisode de la saga débute de manière originale en ne présentant pas directement le Seigneur de la jungle, lequel sera absent du métrage durant le premier quart d’heure. Cette entame est ainsi l’occasion de découvrir les « méchants », des trafiquants d’armes évadés de prison qui bénéficient d’une caractérisation plus développée que de coutume. Impitoyables, nos crapules n’hésitent pas à se trahir l’un l’autre. Dans le passage le plus surprenant du métrage, un des criminels effectue une chute brutale par la faute d’un de ses complices, lequel l’abandonne à son sort, la jambe cassée tandis que les fourmis rouges menacent de le dévorer. Une petite dose de cruauté appréciable dans un ensemble très familial.
Néanmoins, en dépit de cette relative innovation, TARZAN ET LA REINE DE LA JUNGLE suit un chemin rapidement balisé : l’Homme singe veille, Cheeta effectue ses facéties coutumières, Jane joue les potiches et le métrage case un maximum d’images animalières en un minimum de temps. Rhinocéros, lions, serpents, éléphants, girafes, hippopotames, crocodiles,…Une véritable ménagerie destinée à contenter la soif d’exotisme du spectateur.
L’intrigue, pour sa part, n’innove guère et montre des marchands d’armes, menés par le redoutable évadé Radijeck, fournir des fusils à la dangereuse tribu des Yorango. Leur chef, Bulam, y voit l’occasion idéale de se venger de Melmendi, la belle reine de la tribu rivale des Ashuba qui a eu l’outrecuidance de rejeter sa demande en mariage. Pendant ce temps, le commissaire Peeters s’apprête à prendre sa retraite et à laisser la surveillance de la jungle à un nouveau gardien de l’ordre, Conners. Lorsque Radijeck abat les deux hommes de loi, Tarzan, qui souhaitait demeurer tranquillement auprès de Jane et à l’écart des ennuis se voit forcé d’intervenir. Il se lance à la rescousse de Melmendi, retenue captive par Bulam.
Plus ambitieux que les deux précédents épisodes, TARZAN ET LA REINE DE LA JUNGLE fut partiellement filmé en Afrique, une authenticité immédiatement perceptible à l’écran. Malheureusement, si le film devait à l’origine être tourné en Technicolor, un incident endommagea la pellicule et, au final, TARZAN ET LA REINE DE LA JUNGLE fut converti en noir et blanc. Dommage pour certains paysages africains qui auraient grandement gagné à être visionné en couleurs éclatantes. Néanmoins, ce troisième opus de Lex Barker possède une ampleur plus importante que les deux premiers et retrouve même, par moment, le faste des premiers épisodes avec Weissmuler.
Malgré son scénario très classiques, quelques éléments intéressants apparaissent au fil de la projection. Le film évoque, par exemple, les nobles origines de Tarzan, sa rencontre avec Jane ou des événements vus dans de précédents épisodes de la saga. Cela ne suffit pas, toutefois, à rendre passionnante une aventure plaisante mais routinière dans laquelle Tarzan continue de s’exprimer de manière très caricaturale. Parfois, il part à la pêche en compagnie de Jane, ce qui nous vaut des séquences assez kitsch et pétries de bons sentiments de pique-nique au cœur de la jungle. Pour son unique apparition en Jane, la starlette décorative Virginia Hutson (qui abandonna les plateaux après son mariage dès l’année suivante) joue les utilités en mini robe tandis que Lex Barker, à présent bien rôdé à l’exercice, campe un Tarzan crédible, séduisant et musclé. Dorothy Dandrige (qui fut, quatre ans plus tard, la première afro-américaine nominée à l’Oscar de la meilleur actrice pour CARMEN JONES) et Alain Napier (le majordome Alfred de la série télévisée « Batman ») complètent le casting.
Dans la lignée des précédents « Tarzan » produit par la RKO, TARZAN ET LA REINE DE LA JUNGLE constitue un spectacle sympathique mais sans grande ambition, plombé par une intrigue linéaire et prévisible. Toutefois, bien aidé par une courte durée (78 minutes), l’ensemble se suit sans ennui et même avec un réel plaisir pour les nostalgiques de ces aventures exotiques souvent proche du serial.


- Article rédigé par : Frédéric Pizzoferrato
- Ses films préférés : Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer


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