The 8th Plague

USA - 2006 - Franklin Guerrero Jr.
Interprètes : DJ Perry, Leslie Ann Valenza, Charles Edwin Powell, Syn DeVil, Terry Jernigan

THE 8TH PLAGUE commence par les images d’un homme récitant le “Je vous salue Marie” dans une cellule. L’ambiance est posée. Launa, sans nouvelles depuis trois jours de sa sœur Nikki partie camper, va, avec deux amis, se lancer à sa recherche. Après avoir retrouvé la tente de sa sœur, Launa et ses amis se rendent au bureau du shérif. Son adjoint va les accompagner dans la recherche de la sœur disparue qui les conduira jusqu’à une prison désaffectée après avoir trouvé du renfort auprès d’un paysan du coin. Leur pérégrination va les conduire vers un immense bâtiment qui tiendra un des rôles principaux de l’histoire.
Décor majeur du film, cette prison est explorée par les différents personnages qui, se séparant, y découvrent d’étranges indices et particulièrement des traces de sang dont nous ignorons la provenance. De plus, un mystérieux tag jouera un rôle essentiel et se révélera particulièrement délétère. Mais petit à petit, nos craintes seront bientôt exaucées et le déferlement de violence viendra supplanter la tension et l’angoisse qui habitaient les héros et les spectateurs. Ainsi, les attaques vont se succéder et les protagonistes vont disparaître les uns après les autres dans un climat étouffant accentué par une très bonne bande-son qui sait être à la fois discrète et efficace.
Bien que la psychologie des personnages ne soit pas très développé, THE 8TH PLAGUE est un excellent film de zombies qui nous en donne pour notre argent bien qu’un peu lent dans la narration ; lenteur qui pourrait nous laisser croire que nous sommes devant un mauvais film car il faut attendre presque une heure avant que de voir un peu d’action et de rentrer dans le vif du sujet. Le film prend alors toute sa dimension et se révèle être une bonne surprise tant le début pouvait laisser redouter le pire. Quelques scènes gores pimentent l’action qui baigne dans une lumière verdâtre accentuant le côté malsain de la prison (longs couloirs, barreaux et grilles omniprésents). Sur un scénario d’apparence classique, Guerrero, dont c’est le premier film, offre un film qui satisfera les amateurs de gore car même si les scènes de ce genre n’interviennent que vers la fin, elles n’en sont pas moins réussies voire surprenantes. Une excellente scène d’auto-énuclation distille un malaise certain ; l’incontournable scène (voir le ZOMBIE de ROMERO) de cannibalisme collectif est très efficace. De même, la succession de ces scènes nous conduit vers une fin que nous pensons sans surprise mais qui réservera quelques bons rebondissements lorgnant du côté de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS.
Avec THE 8TH PLAGUE, les amateurs d’hémoglobine seront comblés mais le dénouement donne une dimension dramatique et surprenant à l’ensemble de cette œuvre qui mêle le classique et l’originalité. Nous pourrons classer THE 8TH PLAGUE à côté de DEAD MEAT car sans bouleverser le genre, il renouvelle par quelques trouvailles films de zombies en y incluant par exemple, à un degré moindre que GINGER SNAPS, la question des relations entre sœurs. Le choix final que le personnage survivant aura à faire afin de tenter de fuir ce cauchemar ainsi que le rebondissement de l’ultime image justifieraient à eux seuls de visionner THE 8TH PLAGUE.


- Article rédigé par : Daniel Courtine