The Coast Guard

L’action se déroule sur la côte sud-coréenne, là où de véritables barrières de fils barbelés se dressent sur le littoral afin d’empêcher d’éventuels espions de pénétrer sur le territoire national. Une garnison de militaires  » appelés  » sont là pour faire des rondes et protéger ce littoral. Ils ont ordre de tirer sans sommation sur tout ce qui pénètre sur le périmètre interdit et c’est ce que va faire l’un des soldats. Et il ne va pas y aller de main morte… En face, un couple d’autochtones qui trouvait qu’il était plus excitant de faire l’amour à cet endroit. Le jeune homme est littéralement déchiqueté par les balles et la grenade qui suit n’arrange pas les choses. La jeune fille est indemne mais tombe rapidement dans la folie. Comme il est formellement interdit de pénétrer sur cette plage et que le militaire a, finalement, fait son devoir, celui-ci est récompensé d’une semaine de permission. En rentrant chez lui, il ne peut avouer son crime. Il paraît alors avoir été fortement secoué par ce qu’il a fait. Pendant ce temps, la jeune fille, elle, confond son amoureux perdu avec les soldats et se les tape presque tous. En fait, elle et le “bourreau” tombent tous les deux dans la folie.
COAST GUARD est un film intéressant. D’une part parce qu’il nous livre, à nous Occidentaux, une nouvelle vision de la Corée du Sud. Historiquement, COAST GUARD est donc largement assez intéressant pour éveiller notre curiosité. Ensuite, ce fond historique permet à COAST GUARD de traiter du thème de la folie. A ce stade, il y a sans doute beaucoup de choses à tirer de ce film. Les analystes pourront sans doute s’y donner à cœur joie. Le problème est que COAST GUARD est tellement mal fichu que le spectateur lambda ne cherchera sans doute pas à approfondir le message de Kim Ki-Duk.
COAST GUARD, même s’il n’est jamais réellement ennuyeux, ne laisse pas un souvenir impérissable. On peut le rapprocher de l’excellent SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE tant il est sombre, mais c’est bien là le seul point commun qu’il possède avec ce film. COAST GUARD, malgré son nihilisme, passe comme une lettre à la poste. On ne ressent rien. Les personnages ne sont pas antipathiques, mais ils ne sont jamais touchants non plus. On ne se sent jamais intégré à l’histoire. Comme s’il y avait un mur entre la tragédie qui se déroule devant nous et nous-mêmes. Kim Ki-Duk en fait peut-être un peu trop. Peut-être aussi que le film manque d’originalité, ou qu’il paraît trop irréaliste (en tout cas aux yeux d’un Occidental comme moi). Ou peut-être est-il tout simplement trop prétentieux.
COAST GUARD est un film à la photographie splendide, aux décors naturels superbes, avec une interprétation excellente, un scénario somme toute original… mais qui ne fonctionne pas, malheureusement.