The Devil-Ship Pirates

Grande-Bretagne - 1964 - Don Sharp
Interprètes : Christopher Lee, Andrew Keir, John Cairney, Duncan Lamont, Michael Ripper, Suzan Farmer, Natasha Pyne, Ernest Clark

Don Sharp, tout comme John Gilling qui avait signé en 1962 THE PIRATES OF BLOOD RIVER, fait partie des oubliés du cinéma de genre britannique. Et pourtant LA MALEDICTION DE LA MOUCHE (1965), LE MASQUE DE FU-MANCHU (1965), RASPOUTINE LE MOINE FOU (1966), THE BRIDES OF FU-MANCHU (1966) et, surtout, LE BAISER DU VAMPIRE (1963), sont autant de réussites à mettre à son actif. En 1964, la HAMMER FILMS continue son entreprise de diversification souhaitée par Michael Carreras et Anthony Hinds (qui était également scénariste de LE BAISER DU VAMPIRE) et continue sa production de films de pirates avec THE DEVIL-SHIP PIRATES, un long métrage qui débute en juillet 1588 lorsque l’Invincible Armada venue d’Espagne est mise en déroute par la flotte britannique sur les eaux de la Manche.
Le capitaine Robeles, un redoutable pirate ibérique qui s’était enrôlé avec son équipage au sein de l’Armada, décide d’aborder les côtes de Cornouailles afin de réparer son navire, durement touché. Il laisse supposer aux derniers marins fidèles à la couronne présents sur le navire qu’il compte rentrer en Espagne alors qu’il souhaite, avec sa troupe, se rendre aux Antilles. Robeles réquisitionne main-d’œuvre et nourriture dans un village proche, faisant croire à ses habitants que les Espagnols sont vainqueurs. Si le châtelain du village, Sir Basil, collabore pleinement, d’autres organisent la résistance, avec un soutien pour le moins inattendu…
THE DEVIL-SHIP PIRATES est, à l’image d’autres productions des studios de Bray, une agréable série B au rythme inégal mais au charme indéniable. En bon faiseur, Don Sharp dirige son casting de luxe avec joie et bonheur. Ainsi le légendaire Christopher Lee (plus de 250 rôles à son actif) se délecte à interpréter le « salopard de service », le Capitaine Robeles, un tortionnaire qui mène ses hommes à coups de fouet. Le châtelain Basil Smeeton, précieux et couard, est joué avec toute l’ironie qui s’impose par un hilarant Ernest Clark. Et que dire de sa fille, campée par la « poitrinale » Suzan Farmer aux atouts sans cesse mis en avant par une série de décolletés pigeonnants tous plus affriolants les uns que les autres. Loin de n’être qu’une starlette, la belle blonde eut une jolie carrière, apparaissant dans un nombre incalculable de séries télés mais aussi dans quelques films marquants de l’époque comme DRACULA PRINCE DES TENEBRES (Terence Fisher-1966), RASPOUTINE LE MOINE FOU (Don Sharp-1966) et le sous-estimé DIE MONSTER DIE ! (1965) de Daniel Haller avec Boris Karloff. Andrew Keir, qui fut un excellent patriarche nommé Jason Standing dans THE PIRATES OF BLOOD RIVER (John Gilling-1962), mène ici la résistance avec panache.
Le scénario qui part d’une idée de génie (faire croire à un village excentré que leur royaume a perdu la guerre alors que c’est le contraire) est signé de la plus belle plume du studio, Jimmy Sangster. L’auteur du script des plus belles réalisations de Terence Fisher (FRANKENSTEIN S’EST ECHAPPE en 1957, LE CAUCHEMAR DE DRACULA en 1958, etc.), également réalisateur appréciable à ses heures (LES HORREURS DE FRANKENSTEIN en 1970, LUST FOR A VAMPIRE en1971), livre ici un travail honorable.
La qualité du scénar’ et le métier du metteur en scène font de ce THE DEVIL-SHIP PIRATES (un titre inspiré par le nom du navire du Capitaine Robeles : El Diablo) un honnête divertissement des familles idéal à visionner avec de grands yeux écarquillés, une cure de jouvence, en somme.


- Article rédigé par : Jérôme Pottier