The Forgotten

Royaume-Unis - 2016 - Oliver Frampton

À Londres, un adolescent revient vivre avec son père. Il découvre que celui-ci squatte un appartement dans une cité abandonnée. Son père passe son temps à dépouiller le cuivre des tuyauteries tandis que l’adolescent erre, livré à lui-même. Il se rend rapidement compte que d’étranges évènements ont lieu dans l’appartement qu’ils squattent. Se pourrait-il que quelqu’un vivant dans l’appartement voisin tente de communiquer avec lui ?

THE FORGOTTEN d’Oliver Frampton a une atmosphère très anglaise, plus particulièrement de film social anglais. Les personnages ont une vraie gueule, tout particulièrement le héros qui a typiquement le physique ingrat de l’adolescence, mais possède cependant un certain charisme. Dépeignant avec réalisme la vie au milieu des cités, il trouve là un décor original pour une histoire de fantôme.

Ce choix de milieu social apporte plus qu’un contexte original. En effet, notre jeune héros est confronté à des phénomènes surnaturels qu’il ne peut fuir, car il n’a nulle part où aller, littéralement. Et les lieux proprement malsains, insalubres, sont déjà terrifiants au naturel. Aussi quand les troublants évènements ont lieu, les instants de flip sont vraiment réussis. Il faut dire que le film parvient à créer une atmosphère à la HEARTLESS (ou encore CITADEL) tout en apportant des idées de mise en scène vraiment réussies à la hauteur d’un RING ou d’un INSIDIOUS pour l’inventivité et l’intelligence de ces « apparitions ».

Jouant habilement avec les lumières, les ombres, et le hors-champ, THE FORGOTTEN s’appuie surtout sur son personnage principal. C’est un adolescent timide et maladroit, mais qui reste toujours intelligent dans ses réactions. Le film respecte ses personnages et ne les trahit jamais. De plus, il distille une atmosphère vraiment malsaine qui en plus des éléments surnaturels viennent appuyer là où ça fait mal. Résultat, il y a des scènes de bravoure, de vrais instants de frayeur où vous sursautez, et ce, sans jump scare sonore ou visuel.

La fin, malheureusement, n’est pas à la hauteur des attentes suscitées. Même si l’idée de fin est très poétique, elle arrive comme un cheveu sur la soupe. On regrette également que lorsque le fantôme apparaît visuellement pour la première fois, il ne soit pas du tout effrayant, ce qui tend à annuler la frayeur suscitée précédemment. S’achevant maladroitement, perdant son intensité en fin de parcours, le film réussit cependant en quelques moments à nous effrayer ce qui démontre un certain potentiel chez ce cinéaste.


- Article rédigé par : Sophie Schweitzer
- Ses films préférés : Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà


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