The Nesting

Etats-Unis - 1981 - Armand Weston
Titres alternatifs : Phobia, Massacre Mansion
Interprètes : Robin Groves, Christopher Loomis, Michael David Lally, John Carradine, Gloria Grahame, Patrick Farrelly

Lauren Cochran, écrivain de thrillers à succès, vient d’achever son dernier roman. La jeune femme souffre d’agoraphobie, si bien qu’elle reste la plupart du temps cloitrée chez elle. Ses amis les plus proches sont le Docteur Webb, son psychiatre qui la suit depuis sept ans, et Mark Felton, qui est amoureux d’elle. Afin de chasser ses crises d’angoisse, Lauren décide d’aller se ressourcer à la campagne. Arrivée à Dover Falls, son lieu de destination, elle aperçoit une curieuse bâtisse d’architecture octogonale correspondant en tous points à la maison qu’elle décrit sans son livre. Intriguée, Lauren décide de louer cette demeure restée très longtemps inhabitée. Pourtant, peu après s’être installée, elle sent des signes de présences à l’intérieur de la maison. Il se pourrait même que celle-ci soit hantée…
THE NESTING est une œuvre méconnue qui ne connut qu’une brève diffusion dans les salles de cinéma américaines en mai 1981. Le film n’eut pas beaucoup de succès, peut-être à cause de certaines affiches qui laissaient à penser que l’on avait affaire à un slasher, ou tout du moins à un film d’horreur pure. Mais en vérité, THE NESTING s’apparente plus à une œuvre baignant dans un fantastique onirique, dans lequel le passé et le présent sont amenés à se rencontrer dans un lieu unique. Il est question de fantômes et d’une maison hantée, un ancien bordel dans lequel eût lieu une tragédie tandis que la seconde guerre mondiale s’achevait. De par son traitement, le film, bien qu’entrecoupé de quelques meurtres dans sa seconde partie, est loin d’être spectaculaire. Et pourtant, il y règne une indéniable ambiance.
Pour peu que le spectateur se laisse embarquer dans l’histoire, celui-ci finira par lui trouver un côté intriguant, presque hypnotique. Tout le mérite en revient à son réalisateur, Armand Weston. Décédé en 1988, Weston est essentiellement connu pour avoir réalisé l’un des pornos les plus glauques de l’histoire du cinéma X, le fameux DEFIANCE OF THE GOOD (1975), qui prenait pour cadre un asile d’aliénés. Le cinéaste n’a d’ailleurs mis en scène que des hardcore dans sa courte carrière, à l’exception de THE NESTING. On lui doit d’ailleurs, dans l’ensemble, des X de qualité, comme THE TAKING OF CHRISTINA (1976), inspiré d’un faits divers, et le remarquable TAKE OFF (1978), relecture salace du Portrait de Dorian Gray, le célèbre roman d’Oscar Wilde.
Dans THE NESTING, Armand Weston paraît soucieux de ne pas faire un film d’horreur répondant aux critères du moment, c’est-à-dire un succédané de HALLOWEEN ou VENDREDI 13. Au contraire, le metteur en scène prend son temps pour planter son décor, présenter ses personnages principaux, choisissant d’ailleurs des acteurs quasi-inconnus (tout juste a-t-on pu voir Robin Groves, qui incarne l’héroïne, dans PEUR BLEUE). Par contre, Weston ne manque pas de faire appel à deux anciennes gloires d’Hollywood pour des seconds rôles, deux légendes ayant pour nom John Carradine et Gloria Grahame. Le premier (père de David, Keith et Robert) a joué dans plus de deux cent cinquante films durant près de soixante ans, engrangeant les chefs d’œuvres comme les séries B (voire Z). La seconde fut une actrice phare dans les années 40/50. On la vit en tête d’affiche de moult classiques : LA VIE EST BELLE, SOUS LE PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE ou encore LA TOILE D’ARAIGNEE. Comme John Carradine, elle connaîtra une fin de carrière en dents de scie, se retrouvant elle aussi dans des films d’horreur de série B comme le MANSION OF THE DOOMED de Michael Pataki.
Privilégiant l’ambiance aux scènes-choc, THE NESTING risque de décevoir une frange des amateurs de films d’horreur. Pourtant, ce serait dommage de rater l’occasion de découvrir une œuvre vite oubliée (car peu diffusée et mal exploitée). En effet, ce film, qui pourrait se résumer à une vengeance d’outre-tombe, ne manque pas de qualités. Il est de plus doté d’une très belle photographie sachant mettre en valeur les décors naturels et cette inquiétante maison. Trente ans après sa sortie, donner une seconde chance à ce film apparaît donc comme une bonne idée.


- Article rédigé par : Philippe Chouvel
- Ses films préférés : Femina Ridens, Les Démons, Danger Diabolik, L’Abominable Docteur Phibes, La Dame Rouge Tua 7 Fois