The Road

Philippines - 2011 - Yam Laranas
Interprètes : Carmina Villaroel, Rhian Ramos, TJ Trinidad

Le film raconte l’histoire d’une route maudite, à travers trois moments clés. En 2008, trois jeunes s’y égarent lors d’une virée nocturne en voiture et disparaissent, forçant la police à ratisser cette étrange route. En 1998, deux sœurs y tombent en panne, et commettent l’erreur de demander de l’aide à un tueur en série. Et enfin en 1988, le dit meurtrier n’est encore qu’un enfant, maltraité par une mère folle et dirigiste, alors que son père, fervent chrétien mais faible, observe cela sans rien oser dire ou faire, mis à part parler de péchés à la moindre occasion.

Yam Laranas est un réalisateur philippin dont le film précédent, THE ECHO, est le remake américain de l’un de ses films, SIGAW. Il revient avec THE ROAD, film de fantôme à la construction atypique, projeté durant la 30ème édition du BIFFF.

Si THE ROAD est construit comme un film à sketches, possédant trois segments distincts, il s’agit en fait d’une histoire complète, contée à rebours. Cependant, chaque segment dispose d’une ambiance très différente. En effet, la première partie, se passant en 2008, est une véritable histoire de fantômes, avec apparitions de spectres, scènes étranges et sanglantes, corps qui marchent et bien d’autres choses. En partie grâce à une photographie magnifique (Yam Laranas est aussi directeur de la photographie) et en partie grâce à un bon sens du rythme, ce tronçon du récit possède de véritables moments de frayeur. Il n’est ainsi pas rare que le spectateur sursaute, tendu sur son siège. Hélas, ce premier segment n’évite pas toujours le ridicule. En effet, entre certaines apparitions au maquillage approximatif, et d’autres quasi burlesques (le fantôme apparaissant sur le plancher de la voiture, sous les pédales de vitesse), l’embarras se ressent donc souvent. C’est assez triste, car les acteurs, assez jeunes, parviennent très bien à jouer la carte de la terreur, et le réalisateur démontre qu’il peut s’avérer plutôt doué en la matière. Un peu plus de retenue et de subtilité n’auraient sans doute pas fait de mal…
Le deuxième segment est une classique histoire de tueur en série, un court torture porn avec quelques éléments fantastiques. Hélas, cette partie est prévisible d’un bout à l’autre. Elle est cependant percutante et plutôt prenante, grâce à l’efficacité de la mise en scène et aux acteurs, là encore plutôt doués.
Mais si, jusque-là, malgré ses défauts, THE ROAD laisse un sentiment plutôt positif, la troisième partie va le tirer vers le bas. Racontant comment est créé le tueur en série, Yam Laranas cumule hélas tous les poncifs du genre. Mère tortionnaire et à moitié folle, père faible qui assiste à cela, religion omniprésente, tout y passe. Nous voyons l’enfant se faire enfermer dans un placard, subir divers traumatismes, avec un ennui poli tant ce qui se déroule à l’écran est prévisible, caricatural et sans subtilité. Et c’est vraiment dommage, surtout qu’un épilogue, situé en 2008, enfonce le clou avec un twist franchement dispensable et une apparition de fantôme joyeusement ridicule clôturant le métrage de bien embarrassante manière.
THE ROAD mérite tout de même le détour, grâce à sa réalisation, ses acteurs, et quelques scènes effrayantes, mais ne restera pas dans les mémoires, ce qui est dommage.


- Article rédigé par : Yannik Vanesse


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