The Thompsons

USA - 2012 - Mitchell Altieri, Phil Flores
Interprètes : Cory Knauf, Samuel Child, Mackenzie Firgens

Une fratrie de vampires américains a dû prendre la route après la mort de leurs parents. Ils sont ensuite obligés de se séparer à la suite d’un dérapage sanglant dans une station service. Tandis que les jumeaux se réfugient à Paris, et que le frère aîné reste au chevet du cadet, blessé, l’un d’entre eux est envoyé dans un petit village d’Angleterre à la recherche de compatriotes chez qui se réfugier.

Derrière le nom des Butcher Brothers, réalisateurs de ce THE THOMPSONS, se cachent Mitchell Altieri et Phil Flores. Ils s’étaient fait connaître avec le sympathique THE HAMILTONS, dont voici enfin la suite. Les acteurs reprennent leur rôle pour faire évoluer l’histoire de la famille.

THE HAMILTONS se déroulait surtout à travers les yeux innocents du plus jeune de la famille, dans une ambiance assez sale et glauque, alors qu’il découvrait les exactions des différents protagonistes et les raisons qui les poussaient à agir ainsi. THE HAMILTONS se veut plus spectaculaire et épique, avec la fuite de ses personnages, et surtout leur rencontre avec une autre famille de vampire.
En ayant comme héros des buveurs de sang plutôt violents et sadiques, les Butchers Brothers usent d’une démarche assez similaire à celle de Rob Zombie pour son THE DEVIL’S REJECT. Ils mettent en face d’eux des ennemis encore plus mauvais, violents et dangereux. Il est appréciable de découvrir ces vampires revisités, qui n’ont peur ni des croix ni de l’ail, et peuvent se déplacer de jour. Ils n’ont que cette nécessité de boire du sang, présentée comme une maladie incurable qui leur apporte une certaine force en plus, mais pas de résistance surhumaine. Ils sont cependant plus rapides.
Dommage que cette épuration des codes, pour rendre ce vampirisme ordinaire, soit abandonnée sur la fin, avec l’apparition d’une mythologie et de quelques pouvoirs. Lors de ce dernier acte, THE HAMILTONS renoue avec des métrages plus classiques et, bien que ce petit cours d’histoire ne soit pas dénué d’intérêt, il contredit un peu ce qui était posé auparavant.
Dommage aussi que les personnages, quand ils se nourrissent de sang, prennent des mimiques un peu caricaturales en la matière, avec grognements, crocs apparents, et autres tics trop second degré. Il est cependant plaisant de découvrir un film de vampire éloigné de la bluette adolescente des TWILIGHT pour verser, d’un côté dans l’ambiance moite des déserts américains, et de l’autre dans le flegme anglais. Le choc des cultures autant que des familles amène des scènes assez agréables, parfois drôles, souvent sanglantes.
THE HAMILTONS possède un scénario et des personnages certes prévisibles, mais plaisants à suivre, et se révèle très sanglant dans son déroulement. Chaque fois qu’un vampire se nourrit, le sol et les murs se retrouvent maculés de rouge, pour le plaisir des yeux.
Le métrage n’est cependant pas parfait. Nombre de séquences sont caricaturales – comme l’escapade à Paris, ou l’apparition de ce vampire chauve, avec une canne, qui, s’il avait été bossu, aurait été l’Igor parfait des films de savants fous – et le combat final manque de sauvagerie et d’intensité.
Cependant, le film n’hésite pas à être sadique et désespéré. De plus, sa construction, avec voix off et retours en arrière, crée une ambiance délicieusement second degré qui se prête bien au film.
THE HAMILTONS est ainsi loin d’être parfait, mais s’avère très intéressant et permettra de passer un bon moment avec cette variation agréable sur le mythe du vampirisme, ajoutant même une touche d’érotisme toujours bienvenue.


- Article rédigé par : Yannik Vanesse


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