The William Castle Collection

usa - 1959-1964 - William Castle
Interprètes : Vincent Price; Joan Crawford; Diane Baker; Charles Herbert; Kathy Dunn

William Castle est un producteur et réalisateur américain, né en 1914 à New York. Spécialiste du film de série B à petit budget, il se lance, à partir de 1958 dans la réalisation d’une série de films d’horreur, qui fait aujourd‘hui sa réputation…

Les maisons victoriennes de THE OLD DARK HOUSE (1963) et de Mr SARDONICUS (1961) retiennent dans leur griffes diaboliques les malheureux qui s‘y aventurent, tandis que dans 13 GHOST(1960), une famille hérite de lunettes permettant de voir les fantômes qui la hantent…Ils ne sont pas en sécurité pour autant… Mettre son nez là où il ne faut pas, quitte à risquer sa vie, est aussi le défaut majeur de la demoiselle bien sous tout rapport de 13 FRIGHTENED GIRLS(1963), à la limite des graves troubles de la personnalité des deux meurtrières de HOMICIDAL(1961) et STRAIT-JACKET(1964), mais le personnage principal de ZOTZ (1962) n’est pas moins inquiétant sous ses dehors amusants… Tandis qu’un parasite, peut-être ancêtre de la larve immonde de SHIVERS (1975) de David Cronenberg s’en prend aux spectateurs d’un cinéma dans THE TINGLER (1959)!

Des personnages, humains ou non, vils, cruels, avides, en proie à de violentes pulsions qu’ils ne maîtrisent pas toujours; plus que ses personnages, Castle explore la mécanique implacable du meurtre et de la torture…Et c’est toute la mécanique du cinéma de genre qui se révèle à travers son cinéma.

Inventeur du film d’horreur fun, THE OLD DARK HOUSE, THE TINGLER, ou encore 13 GHOSTS, l’inventivité du réalisateur producteur compense bien souvent le manque de moyens criants des décors et des effets spéciaux. Castle produit des films divertissants et tient à présenter lui-même chacun d’eux…Procédé qui n’est pas sans rappeler un autre maître, plus reconnu celui-là, du cinéma d’épouvante, Alfred Hitchcock.

L’amateur comme le cinéphile ne manquera pas, d’ailleurs, de remarquer les nombreux « emprunts » du roi de la série B au réalisateur de PSYCHOSE (1960) et des OISEAUX (1963). Castle alla jusqu’à embaucher des sosies des acteurs du maître et ses idées de scénarios: Joan Marshall, actrice de télé et sosie de Janet Leigh dans HOMICIDAL(1961); Robert Bloch, auteur de PSYCHO (1959). Mais on remarque aussi des têtes d’affiche comme Vincent Price, Joan Crawford ou encore Diane Baker.

Et si tout est bon, c’est que le cinéma du réalisateur producteur William Castle repose lui-même sur un plan diabolique: faire mourir de peur, ou être remboursé!

La trouille, la vraie, celle qui fait dresser les poils, dégoûte et chamboule, c’est à elle que le bonhomme a toujours témoigné une foi inextinguible: ambiance malsaine, morbide dans THE OLD DARK HOUSE, tueuse à la hache dans STRAIT-JACKET, dédoublement de la personnalité dans HOMICIDAL, homme sans visage, (ou presque!) et tortures dans Mr SARDONICUS…
Les intentions de Castle ne sont rien moins que sadiques… De là à voir dans certains de ses films l’ancêtre du « torture porn » , il n’y a qu’un pas : son but, terroriser les américains de la fin des années 50 engoncés dans le confort, la sécurité et le bien-être de la riante american way of life…

Tout en tournant les films idéaux pour draguer les filles au drive-in du coin, Castle en précurseur du marketing et producteur avisé, transformait les salles de cinéma en train fantôme, afin de mieux faire participer le spectateur à son projet macabre: THE TINGLER (1959) propose ainsi au spectateur, plutôt à la spectatrice (!), d’hurler le plus fort possible, afin de sauver sa vie…La «screaming girl » était née… C’est bien un deal que propose l’inventif producteur, le ticket pour un monde de simulacres et de faux semblants dans lequel la fiction rejoint le réel.

En effet, au-delà de ses plans marketings et de ses emprunts à Hitchcock , Castle était bien le roi de la mise en abime: celui qui cherchait la meilleure méthode pour faire frissonner et qui a marqué des générations de cinéastes qui témoignent dans THE WILLIAM CASTLE STORY de l’influence considérable de son œuvre sur le cinéma de divertissement actuel.


- Article rédigé par : nattie descamps


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