Timber Falls

Cinquième film de Tony Giglio, TIMBER FALLS constitue sa première véritable incursion dans les méandres du cinéma défendu dans ces colonnes. Succédant au noir, violent et urbain CHAOS (qui narrait l’affrontement entre un flic et un casseur, respectivement interprétés par Jason Statham et Wesley Snipes) polar un brin trop classique et paresseux pour être honnête, TIMBER FALLS se pose comme un survival hargneux ayant pour cadre une chaîne montagneuse.
Un autre ? Un de plus ? Un de trop ?
Sheryl et Mike, couple de citadins, s’offre un week-end de randonnée dans un coin isolé de l’ouest de la Virginie. Si l’accueil des locaux est sympathique, le couple va découvrir que les habitants des environs ne sont pas forcément tous très gentil : tombés dans les bras d’une famille timbrée d’intégristes chrétiens qui a de grands projets pour eux, Mike et Sheryl vont devoir régresser vers une certaine sauvagerie afin de reprendre le dessus….
Eh oui, cette régression est nécessaire dans la plupart des survival, alors en quoi est-ce ici une innovation scénaristique ? En rien.
Dès son prologue, TIMBER FALLS fait tiquer : l’ensemble, de l’éclairage à l’interprétation, de la réalisation au montage en passant par l’enchaînement des évènements et leur conclusion, a déjà été vu moult fois. Lors de ces premières minutes, le spectateur se prend à imaginer un twist comique tant la situation a été rabâchée (un couple torturé essaye de s’échapper mais échoue) et louche vers RED IS DEAD, le film d’horreur dont il est question dans LA CITE DE LA PEUR, le long-métrage des Nuls.
Ainsi, cet arrière goût persiste pour la suite et à juste titre : TIMBER FALLS, jusqu’à cette mode d’emprunter son titre au lieu de l’action (EDEN LAKE et consort), a été fait et refait depuis que le survival est survival, depuis DELIVRANCE. A cela s’ajoute la figure du plouc américain, ce redneck, boogeyman en puissance, reflet d’un conservatisme et d’un puritanisme aliénant et méchant régulier de ce genre de film. Une fois cela posé, regardons TIMBER FALLS pour ce qu’il est, une série B qui pompe allégrement où elle peut ses péripéties et autres retournements de situation (en vrac : DETOUR MORTEL, tous les MASSACRES A LA TRONCONNEUSE, remake et suite du remake compris,…). Là, un certain plaisir émerge enfin devant une histoire menée tambour battant par un réalisateur peu inspiré mais qui sait être assez efficace pour éviter l’ennui.
Situations folles et glauques (le projet de la famille de dégénérés pour le couple de touristes), tortures, décapitations, violences diverses (aux affrontements impeccablement chorégraphiés dont une bagarre homme contre femme très réaliste) et un peu de nudité (pour cela, une certaine acuité visuelle est néanmoins demandée) se succèdent à une allure de croisière, délivrant ainsi ce que l’on attendait, au fond, d’une telle œuvre.
Au final, pêchant par un total manque d’originalité, d’âme et de substance, mécanique comme un bon porno gonzo, TIMBER FALLS ne marquera pas les esprits mais demeure un divertissant des plus honnêtes….si l’on fait abstention d’un épilogue d’une bêtise navrante construit uniquement dans le but de provoquer un ultime sursaut.